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Affaire Kohnu: Le procès du 14 avril 2009 saura-t-il lever les interrogations?

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  • Publie par FranckFranck 33 Commentaires33 commentaires Comments
    Derniere Mise a Jour: 8 avril 2009

    kJ’avais pris garde de ne pas parler de cette affaire avant ce jour, c’est à dire à moins d’une semaine du procès tant attendu en Nouvelle-Calédonie. Depuis deux mois, vous pouvez vous imprégner de l’affaire sur le site officiel du collectif et à diverses endroits sur le web, voici quelques liens: 1|2|3|4 sans oublier le groupe Facebook. Avec l’autorisation du collectif, j’aimerais partager avec vous ces deux textes écrits par deux femmes remarquables, j’ai nommé Déwé GÖRÖDÉ & Catherine Régent. Je ne vais certainement pas donner mon point de vue et encore moins polémiquer sur le sujet, comprenez que l’affaire est trop grave pour faire du zèle et ce n’est pas non plus le but de ce billet. Je compte également sur votre ouverture d’esprit et sur votre délicatesse lorsque vous poserez vos questions ou affirmations par le biais des commentaires. L’affaire Kohnu sera jugée dans moins d’une semaine et j’aimerai franchement connaître vos réflexions. http://www.affairekonhu.com

    Deux femmes de lettres, deux femmes de coeur: Déwé Gorodé et Catherine Régent ont écrit pour la famille Konhu deux magnifiques textes. Chacune avec sa sensibilité, son histoire ,son intelligence  et surtout avec son coeur a voulu marquer ainsi son soutien à la famille Konhu qui va vivre encore dans les semaines à venir de douloureux moments. Ces appels aux consciences dépasse les clivages et sont un magnifique témoignage de l’espoir qui reste chevillé aux corps des hommes et des femmes de bonne volonté du Pays

    Lettre de Catherine Régent (auteur calédonienne).

    « Le procès des frères Konhu ». Un titre qui, au fil des ans alimente toujours la une de la presse écrite et télévisée en Nouvelle Calédonie. Un titre que, ni les alizés ni les cyclones n’ont déraciné. Un titre qui, à force de s’imposer interroge nos consciences.

    « Le procès des frères Konhu » vogue aujourd’hui au-delà des mers à bord de la grande pirogue.

    « Le procès des frères Konhu » ? Ici, chacun d’entre nous le situe ; c’est « le meurtre de la japonaise ».

    Un lieu : un cadre idyllique, l’Ile des Pins, avec sa figure de proue le Rocher de Kanuméra. Une victime : une jeune touriste japonaise. Un coupable, des coupables ? On n’en sait trop rien. Un mobile : il n’y en a pas. Des aveux ? Ils sont inexistants. Des preuves matérielles ? Il n’y en a toujours pas.

    Et pourtant la Justice en Nouvelle Calédonie a déclaré Antoine Konhu coupable du meurtre de Mika Kusama.

    Pour ceux qui, par curiosité intellectuelle, par intérêt ou par nécessité ont assisté au procès, une première certitude s’impose : celle du doute. Le doute est là, persistant et dérangeant. Et, en droit français le doute doit bénéficier à l’accusé.

    La Justice en Nouvelle Calédonie a fait fi de ce principe juridique élémentaire.

    La seconde certitude acquise au cours du procès et reconnue unanimement par toutes les parties est que l’instruction a été indigne, bâclée.

    Malgré cela la Justice en Nouvelle Calédonie est passée sur ce procès à la façon d’un bulldozer bousculant, écrasant et cassant tout sur son passage.

    Bousculant les spécificités de langage du pays ainsi que certaines habitudes (un calédonien dira « j’ai menti » pour « je me suis trompé » ; il n’a pas la même notion de l’heure qu’un européen, il se réfère au soleil et non à une montre).

    Ecrasant les témoins de sa morgue et de son mépris (les liens familiaux des calédoniens sont complexes et ne correspondent pas à la norme française : le terme de tonton n’équivaut pas forcément au terme d’oncle , il peut désigner simplement un membre de la famille élargie).

    Cassant toute la foi que nous avions en elle alors que dans un passé pas si lointain, procureurs et magistrats attiraient encore le respect du peuple.

    Pour une deuxième fois, les frères Konhu repasseront devant la Justice le 14 avril 2009. Et nous éprouvons une certaine crainte : celle d’être les spectateurs d’une erreur judiciaire qui se déroulerait sous nos yeux, sous nos cieux.

    A l’heure où nous construisons pierre après pierre un nouveau chemin, où la France nous accompagne chaque jour dans cette tâche, nous ne voulons pas que la Justice soit la broyeuse de la plus belle matière qui soit et qui lui est confiée, celle de la race humaine.

    Beaumarchais a écrit : »Après le bonheur de commander aux hommes, le plus grand honneur n’est-il pas de les juger ? ».

    Nous espérons de toutes nos forces que la Justice prenne pleinement conscience de cet honneur qui lui est attribué. Qu’elle ne le malmène pas et qu’ensemble nous avancions, confiants et sereins sur la longue route d’un futur partagé dans le respect et la dignité.

    Catherine Régent

    rocher

    Lettre de Déwé GÖRÖDÉ

    Nous sommes ici dans un pays dont le peuple d’origine comme certains de ses citoyens en savent peu sur les origines, l’histoire, la loi, le code et la langue du système judiciaire qui les juge. Ils ont affaire à un appareil millénaire, avec ses méthodes datant de l’Inquisition, ses lois devenues républicaines, son langage codé bien rodé et ses rouages bien huilés à et de vingt-deux mille kilomètres. Autant dire que tomber sous le coup de la justice ici procède encore bien souvent d’une mauvaise rencontre de troisième type avec des êtres tombés du ciel ou …de la planète Mars.

    Avoir affaire à la justice dans ce pays, c’est encore aujourd’hui se retrouver devant un pouvoir régalien unilatéral avec tous les moyens légaux et répressifs dont il dispose à l’échelle …de la planète Terre.

    Et d’abord la maîtrise de la langue dont elle use pour pouvoir ne serait-ce que répondre à la question. Evidemment, il y a le jury populaire, les assesseurs civils et coutumiers, les avocats commis d’office ou les avocats quand on en a les moyens. Mais il faut savoir aussi qu’il n’y a pas d’avocat kanak au barreau de Nouméa où jusqu’à présent et jusqu’à preuve du contraire, il n’y a eu qu’un seul juge Kanak.

    Et on n’y a pas non plus de psychologue Kanak pour juger de la personnalité de l’accusé au moment des faits, de l’intérieur, on va dire, puisque c’est justement une science qui va et qui voit à et de l’intérieur.

    C’est rien et c’est beaucoup, c’est selon.

    En attendant, l’instruction de l’affaire est bâclée et le troisième pouvoir de la presse et des médias s’en empare et la jette en pâture à l’opinion publique.

    Et puis à l’exception des flagrants délits, entre le moment des faits et la date de la comparution devant le tribunal, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a le temps qui passe … qui passe…

    Le temps qui passe pour le suspect sans preuve en prison dans le silence et l’absence. Le silence de la confiscation de son seul moyen de défense qu’est sa parole devant l’absence de preuve. Le suspect est sans défense devant un tribunal sans appel.

    La justice juge ici dans « l’archipel des forçats », au « pays du non-dit », où depuis plus d’un siècle, de par leur histoire le peuple d’origine et beaucoup de ses citoyens gardent en leur conscience et en leur mémoire collectives, les images du bagne, de la guillotine et des travaux forcés. Les souvenirs de la rélégation, de la déportation ou de l’exécution. Aujourd’hui, ils les retrouvent et les assument sur le chemin de l’identité, de la citoyenneté et du destin commun qu’ils ont décidé de construire ensemble.

    Un chemin où le bouc émissaire et l’erreur judiciaire n’ont plus leur place. En effet, ils ne doivent plus conforter un pouvoir régalien où le prévenu est présumé coupable, alors que dans d’autres pays, il est présumé innocent.

    C’est à la justice de retrouver qui a tué la malheureuse jeune touriste japonaise pour qu’elle repose en paix.

    Autrefois, un chef de ma tribu de Pwârâiriwâ a été exilé pour un crime qu’il n’a pas commis et dont le commanditaire a utilisé sa hache et l’a fait déposer, tâchée de sang, dans sa case. A son départ pour un pays lointain dont il n’est jamais revenu, il a dit à ses frères : « Quand vous verrez Kaatâdaa, l’étoile du matin, souvenez-vous de moi, car ce sera mon salut … »

    C’était hier. Je m’en souviens aujourd’hui.

    En égard au droit français, le doute doit profiter à l’accusé dans l’Affaire Kohnu.

    C’est à la justice de libérer Antoine pour que les frères Kohnu et tous les leurs retrouvent enfin la paix chez eux. Définitivement.

    Déwé GÖRÖDÉ

  1. #1
    Vote -1 Vote +1Sylvain

    avril 9th, 2009 at 3:04

    Evidemment ce ne sont que des documents « a décharge »…

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  2. #2
    Vote -1 Vote +1Sylvain

    avril 9th, 2009 at 3:12

    S’ils sont soucieux « de la vérité, de la justice » etc. etc. Pourquoi les protagonistes et leurs amis n’organisent-ils pas – dans la foulée – un soutien financier pour la famille de la victime ? Car je rappelle que dans l’histoire il y a eu une victime, qui s’est fait défoncé le crane par du gibier de potence. Le père de cette pauvre victime, âgé et retraité, a été obligé de reprendre une activité salariée au Japon pour payer une partie du procès… Il ne faut pas oublier tout ca, et je crois que ce collectif s’il est véritablement soucieux de la justice pourrait apporter une aide financière à cette famille. Maintenant il est légitime que les frères Kohnu se défendent, c’est leur droit le plus élémentaire !

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  3. #3
    Vote -1 Vote +1Malacom

    avril 9th, 2009 at 5:06

    Cher Sylvain

    Avez vous pris au moins le temps de lire quelques documents avant de vous exprimer ? Apparemment non ? C’est dommage…

    Bien à vous

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  4. #4
    Vote -1 Vote +1mllemoi

    avril 9th, 2009 at 6:20

    Je ne suis pas certaine que cette affaire nous concerne directement. Je pense que l’on a deux familles qui souffrent…la famille de la jeune japonaise souffre de l’avoir perdu, la famille du présumé tueur souffre qu’un des leur ai pu être l’auteur de ce geste ou soit jugé en tant que tel.
    Aux deux familles, bon courage…

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  5. #5
    Vote -1 Vote +1Christophe

    avril 9th, 2009 at 10:39

    Il me semble important dans toute cette histoire de faire d’abord confiance à la décision du tribunal. Ces plaidoiries « civiles » ne doivent pas se substituer à la décision du tribunal. Je rappele qu’aux assises c’est bien des jurés civils qui rendront le verdict final.
    Les frères Kohnu ont déjà été condamnés en première instance et ce n’est que parce qu’il y a eu un vice de procédure qu’ils se sont retrouvés dehors.
    Attention je ne juge personne, je dis simplement qu’il ny a pas lieu de « soulever » un lièvre si il n’existe pas.

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  6. #6
    Vote -1 Vote +1Maryvonne Carpentier

    avril 9th, 2009 at 11:43

    C’est vrai Sylvain que les deux familles ont touchées par le mêmme drame , le pére d’Antoine et Dydime n’y résistera pas, il est décédé en 2005 .
    Quant les parents de Mika Kusama sont venues en calédonie pour le procés de déc 2007 ils ont rencontré la famille Konhu o l’Ile des Pins le we qui a suivi la premiére semaine de procés .Abo raconte : « Le geste de coutume a été fait le samedi 8 Décembre 2007, après la première semaine de procès. La maman de MIKA, nous remerciait par ce geste de leur avoir permis d’aller sur le site se recueillir selon leur rituel, et a ensuite demandé à la famille de marquer l’anniversaire de la mort de leur fille, puisqu’ils n’ont pas trop les moyens de revenir du Japon. Je leur ai promis qu’on allait le faire avec nos enfants afin qu’ils honorent cette demande en grandissant. »
    Le 2 Mai 2008, la famille Konhu s’est recueillie en mémoire de Mika Kusama sur le Rocher de Kanuméra, à l’emplacement même où fut trouvé son corps en mai 2002. La parole aura ainsi été honorée .
    La rencontre digne de ces deux familles est un geste discret et digne qui privilégie l’intelligence du cœur.
    Une belle leçon pour nous tous .

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  7. #7
    Vote -1 Vote +1Claudie (comité de soutien)

    avril 9th, 2009 at 16:48

    Faire d’abord confiance à la décision du tribunal…
    Oui, moi aussi, avant d’avoir assisté au procès de 2007, je me serais exprimée ainsi… Mais la même année, ma meilleure amie a été nommée juré à Paris et moi, j’ai voulu assister à une journée d’assises par curiosité pour ce procès dit « hors norme » et … j’ai été tellement scotchée par ce qui se passait, là, dans cet endroit solennel, que j’ai suivi tout le procès, pris des notes pour gérer mon émotion et avoir le temps de réfléchir, et … j’ai rejoint le Comité de Soutien créé par la famille et les amis. En tant que citoyenne, je me dois d’être vigilante, je ne me remets pas un blanc-seing aux jurés éclairés par le juge et leurs assesseurs, ce sont des hommes, faillibles comme moi-même. Je les respecte, c’est un dur labeur, et la plupart d’entre nous ne sommes pas préparés à le faire. L’institution fonctionne bien d’autant que les citoyens se sentent concernés, veillent, réfléchissent, et ne s’en lavent pas les mains en se disant chacun son boulot!… Et ça, ça ne veut pas dire se substituer à eux, évidemment!
    Tu précises que les frères Kohnu ont déjà été condamnés en première instance et ce n’est que parce qu’il y a eu un vice de procédure qu’ils se sont retrouvés dehors. C’est bien la preuve que les hommes est faillible, puisqu’elle est rendue par des êtres faillibles… Des erreurs judiciaires, y en a eu à toutes les époques et sous toutes les latitudes : ne soyons pas naïfs et passifs, restons modestes, réalistes et vigilants…

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  8. #8
    Vote -1 Vote +1Guillaume

    avril 9th, 2009 at 17:29

    Après une dreyfusation de l’affaire Colona, évitons une colonaïsation de l’affaire Kohnu. C’est une preuve de déscence que d’éviter de politiser des drames de cette ampleur. Jusqu’à preuve du contraire, seule la justice est compétante dans ce dossier. Tout le reste n’est qu’agitation stérile.

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  9. #9
    Vote -1 Vote +1surfnoumea

    avril 9th, 2009 at 21:21

    EXACTEMENT LAMEME HISTOIRE MAIS AVEC DEUX FRERES « BLANCS » HABITANT LA BAIE DES CITRONS…….J AURAIS BIEN VOULU VOIR QUI LES AURAIENT SOUTENU……..AH SI BIEN SUR DEWE GORODEY!!!

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  10. #10
    Vote -1 Vote +1Claudie (comité de soutien)

    avril 9th, 2009 at 21:44

    Deux frères blancs, ou d’une autre couleur encore, ce serait le même processus: d’abord la famille et les proches organisent un Comité de Soutien, puis les citoyens qui ne pensent pas que la justice, c’est l’affaire des tribunaux point-barre, s’informent et, si quelque chose leur semble ne pas tourner rond, s’impliquent … Ça vous semble étrange, que des citoyens aient des valeurs qui dépassent les clivages, qu’ils soient raciaux, religieux, politiques etc? Eh bien, bonne nouvelle, oui, ça existe! Allez à une réunion de la Ligue des Droits de l’Homme, et vous verrez des gens de toutes les couleurs qui réfléchissent ensemble, discutent, acceptent de confronter leurs opinions et de dépasser leurs préjugés éventuels pour faire œuvre commune…

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  11. #11
    Vote -1 Vote +1mllemoi

    avril 10th, 2009 at 7:02

    Pour en revenir à la « justice » dans ce pays, tout le monde sait ce qu’elle vaut.
    Pour exemple : des mères de famille incarcérées pour klk centaines de milliers de francs chapardés pour élever leurs gosses; et les gros bonnets de la défisque de wallis qui ne font que quelques jours de détension provisoire pour des milliards…cherchez l’erreur!

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  12. #12
    Vote -1 Vote +1Christophe

    avril 10th, 2009 at 9:28

    Claudie,
    Si ma mémore est bonne, le vice de procédure dans ce cas précis c’était juste parce qu’un magistrat avait oublié de mettre sa signature. Ton engagement à ce comité de soutien est louable et respectable sauf que:
    1/Là on parle d’un meurtre assez horrible.
    2/Et si ils étaient vraiment coupables???
    Je te laisse avec ta conscience, la mienne me dit de faire confiance à la décision du tribunal sur cette affaire.

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  13. #13
    Vote -1 Vote +1gdft

    avril 10th, 2009 at 9:31

    N’oublions pas la suspicion de ce soit disant militaire (blanc) et le baclage de l’enquete. Corps trainé et non abimé sur le rocher

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  14. #14
    Vote -1 Vote +1Claudie (comité de soutien)

    avril 10th, 2009 at 10:36

    Oui, une mort horrible, vraiment. Et comme toi, je m’interroge : Et s’ils n’étaient pas coupables? En droit français, l’accusé doit bénéficier de la présomption d’innocence et un procès doit se faire à charge et à décharge… Ce ne fut pas le cas, dès la découverte du corps de la malheureuse victime, avec comme argument principal qu’il était sur leur rocher ( « leur salon », dira-t-on), ils ont été désignés coupables …
    Et s’ils ne sont pas coupables, enfermer pour 15 ans un innocent tandis que le vrai coupable court des jours tranquilles, ça ne laisse pas non plus indifférent, n’est-ce pas? C’est toute la terrible tâche d’être juré … Guidés, éclairés par un juge et ses assesseurs, totalement impartiaux, ils doivent juger en leur âme et conscience, après s’être forgé une intime conviction… Confiance en la Justice, oui, bien sûr, on en rêve tous! Mais ce n’est pas par hasard que les procès, sauf exception, sont publiques : le citoyen qui se sent concerné, lui aussi, peut suivre attentivement, et se forger son intime conviction… Après, ce n’est plus qu’une question de pourcentage : combien de voix pour, combien de voix contre… Le citoyen qui suit le procès n’a pas droit au vote, mais il peut s’organiser ensuite pour alerter l’opinion si quelque chose ne lui semble pas conforme … Alors, bien sûr, tout le monde ne peut pas suivre tous les procès, mais pourquoi s’en laver les mains et n’écouter que la voix du Jury et du Juge et pas celle des citoyens inquiets et attentifs? Parce qu’on les soupçonne de prendre parti aveuglément? Il faut prendre le temps de lire nos écrits, ce ne sont pas ceux de fanatiques! Je rappelle que je suis entrée dans ce tribunal par curiosité, sans apriori, on n’est pas obligé de me croire, mais je l’affirme, et j’ai eu besoin de rejoindre ceux qui, comme moi, se sont forgé une intime conviction différente de celle qui a prévalu… et ensuite seulement nous avons rejoint le Comité de Soutien que la famille avait créé …
    Mais, bon, je respecte ta perplexité, c’est tellement pas simple cette affaire …

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  15. #15
    Vote -1 Vote +1la Ligue des Droits de l'Homme de N-C

    avril 12th, 2009 at 14:28

    DECLARATION CITOYENNE POUR LA JUSTICE
    POUR QUE LA VERITE SOIT ENFIN VERITABLEMENT RECHERCHEE DANS L’AFFAIRE DU MEURTRE DE MIKA KUSAMA, DONT LES DEUX FRERES KONHU RESTENT ACCUSES SANS PREUVE ALORS QU’ILS CLAMENT LEUR INNOCENCE DEPUIS TOUJOURS.
    Alors que le procès des frères KONHU, accusés du meurtre de Mika KUSAMA, passe en appel aux Assises le 14 avril 2009, les personnalités soussignées ont décidé de faire connaître auparavant aux citoyens calédoniens la présente déclaration.
    NOUS, SOUSSIGNES, DEPLORONS :
    Le rejet, motivé par des raisons de coût, de la délocalisation du procès en appel (une garantie contre le risque de personnalisation), hors de la juridiction de Nouméa, contrairement à la règle appliquée en métropole qui veut que ce soit une Cour d’assises d’un autre ressort qui ait à juger en appel.
    NOUS, SOUSSIGNES, RAPPELONS :
    Les dysfonctionnements, défaillances et lacunes accumulés depuis la découverte du corps calciné de Mika Kusama, et ce dès le début de l’enquête de gendarmerie puis tout au long des trois premières années de l’instruction. Ces dysfonctionnements, défaillances et lacunes sont apparus criants aux observateurs attentifs du procès en décembre 2007. Les nombreuses erreurs d’appréciation en font aussi partie. Avoir laissé en jachère des pistes signalées, avoir exploité insuffisamment certaines autres, cela relève des mêmes dérèglements.
    NOUS, SOUSSIGNES, NOUS INTERROGEONS :
    Comment la «mauvaise image» des deux accusés, très antérieure au drame, sans parenté aucune avec celui-ci, et caricaturée à l’envi, a-t-elle pu autant orienter l’enquête, largement menée à charge, du premier magistrat instructeur ? Comment dans le contexte coutumier kanak dont les magistrats, d’origine européenne, ont une connaissance forcément réduite, comment dans un monde insulaire où les solidarités sont puissantes et les rancunes tenaces, des témoignages ont-ils pu être tantôt ignorés ou écartés, tantôt retenus, quand tous auraient dû l’être ?
    Comment a–t-il été possible que des « visiteurs » aient découvert après coup sur les lieux, ces pierres ensanglantées qui seront ensuite présentées comme les « armes du crime », alors que les recherches des professionnels – les gendarmes – n’avaient rien donné ? Pourquoi l’endroit où a été retrouvé ou transporté le corps de la malheureuse victime n’a-t-il pas été rigoureusement interdit d’accès pendant un temps suffisant ?
    Pourquoi les examens entomologique et géologique, qui auraient permis de déterminer l’heure et le lieu du décès, n’ont-ils pas été effectués ? Alors que sans ces examens, le moment de la mort est resté et reste indéterminé à 36 heures près, comment a-t-on bien pu prendre prétexte d’un trou de mémoire d’une heure dans l’emploi du temps demandé à Antoine Konhu … 5 ans après le drame, pour en faire un indice probant de culpabilité ?
    Comment peut-on tout à coup brandir sous les yeux des jurés, un tee-shirt qui, s’il a été conservé sous-scellés pendant six ans, n’a cependant été ni répertorié, ni soumis-avant le premier procès-à examens et analyses de la part du laboratoire de la gendarmerie nationale, puis oser en faire un élément probant de la culpabilité d’Antoine Konhu ? Le même scenario sera-t-il renouvelé au procès en appel alors que depuis, les investigations scientifiques ont été menées, et n’ont révélé ni ADN ni sang correspondant à Antoine Konhu, lequel a toujours nié que ce tee-shirt lui ait appartenu ? Et que penser d’un raisonnement de mauvais roman policier consistant à déduire que le propriétaire d’un lieu non clôturé où un cadavre est retrouvé, est fatalement un criminel ?
    NOUS, SOUSSIGNES, ALERTONS :
    La légitimité de toute décision de justice repose sur l’indépendance absolue de l’institution judiciaire par rapport aux préjugés sociétaux, ou à l’opinion publique, et les parents de Mika Kusama comme la famille d’Antoine Konhu méritent que la vérité soit recherchée avec davantage de rigueur que cela n’a été le cas jusqu’à la fin du premier procès. Aucun discrédit ne saurait planer sur l’institution judiciaire sans menace pour la société, pour l’Etat et les citoyens au nom desquels la justice est rendue.
    L’exercice de l’intime conviction suppose une appréciation raisonnée des éléments à charge et à décharge. Les jurés savent qu’il n’est pas demandé au juge de justifier comment il s’est forgé une certitude à partir des preuves réelles dont il dispose, et accomplissent leur mission avec courage et intégrité .Comment ne seraient ils pas tourmentés quand ils entendent l’avocat de la partie civile déclarer que l’intime conviction pourrait se passer de preuve réelle tangible pour faire condamner un homme ? Quand un homme doit être privé de liberté, le jugement rendu ne saurait reposer sur d’autre considération que la preuve. Il est, sinon, entaché d’arbitraire.
    C’EST POURQUOI NOUS, SOUSSIGNES, DEMANDONS SOLENNELLEMENT :
    Qu’un effort déterminant de circonspection et de discernement soit entrepris lors du procès en appel qui s’ouvre à Nouméa le 14 avril, que la justice, apporte une attention égale à tous les témoignages, et sache se prémunir avec humilité du risque gravissime d’une erreur judiciaire.
    Qu’on reconnaisse qu’une invraisemblable accumulation de problèmes a empêché une sereine administration de la justice, sans qu’il faille, comme pour la débâcle judiciaire d’Outreau, aller jusqu’à obtenir la constitution d’une commission d’enquête parlementaire.
    Et qu’enfin soit respecté le principe de la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable, inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
    La déclaration citoyenne pour la justice dans l’affaire du jugement des frères Konhu a été adoptée par:
    Elie Poigoune (président de la LDH), Zongo Etienne (directeur retraité de l’enseignement catholique), Tell Eurimindia (pasteur et secrétaire général retraité de l’Eglise Evangélique)

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  16. #16
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 13th, 2009 at 12:20

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  17. #17
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 20th, 2009 at 9:55

    Mardi 14 Avril . Premier jour de procés à la Cour d’assises de Nouméa . Sélection du jour

    Entendu et vu à l’audience : portrait de deux hommes et un Rocher…

    Dans une ambiance calme, sans battage médiatique, la première journée du procés en appel d’Antoine et Ambroise Konhu, accusés du meurtre d’une touriste japonaise retrouvée morte, sur leur rocher de Kanuméra à l’Ile des Pins en 2002, s’est tenue ce mardi 14 Avril à Nouméa. Sous la présidence attentive de M. Jean-Michel Stoltz, secondé par deux juges assesseurs, les 12 jurés tirés au sort et les 3 suppléants ont pris place pour deux longues semaines de procés.

    Le jury est aux couleurs du Pays, on compte 3 hommes pour 9 femmes après que les avocats aient épuisé leurs droits à récusation. .

    L’appel des 80 témoins et experts sera l’occasion de la première vive réaction des défenseurs d’Antoine et Ambroise Konhu. En effet alors que les cinq enquêteurs qui ont mené la première enquête avec les insuffisances que l’on sait seront présents physiquement sur acheminement depuis la métropole, par contre les deux enquêteurs Mrs Vernouiller et Soustelle qui ont repris toute l’enquête en 2005 ne sont pas convoqués à Nouméa. Il est prévu de les entendre seulement par visio-conférence. Maître Deswartes et maître Moyart demandent que leur soit appliqué le même traitement et qu’ils soient convoqués à Nouméa. La présence du second avocat d’Antoine venu de Lille étant la preuve vivante que l’on peut venir jusqu’ici. L’avocat des parties civiles maître De Greslan et l’Avocat général M. Brudy se rejoignent pour expliquer les contraintes matérielles et de coûts. La crise est invitée en renfort d’explication comme la nécessité de serrer les dépenses « inutiles ». Deux billets d’avions coûteraient plus cher que cinq ? La Cour va trancher.

    Parmi les témoins cités par la Défense on notera les noms de Rock Apikaoua et Hilarion Vendegou. Suivra la lecture de l’acte d’accusation , le même que pour le premier procés de fin 2007.

    Lorsque la parole est donnée à Dydime, l’aîné des frères Konhu, on peut dans la Salle du tribunal toucher du doigt la difficulté d’un Kanak à parler de lui, en disant « Je » . Il ne tardera pas à dire au Président « c’est mieux si c’est vous qui posez les questions ».

    On comprendra qu’il est issu d’une double origine : « les gens de la mer » par son père et « les gens de la terre » par sa mère. Et que le lien social est fort et tissé à partir de la famille. Une famille unie, aimante « sans disputes, ni barrières entre les parents et enfants », dira Dydime. Pas un terreau pour les déviances et les psychoses des psychopathes. Une famille qui produit un aîné que l’expert Jean Ruffet qui témoignera l’après-midi décrira comme quelqu’un qui ne mâche pas ses mots, ne baisse pas la tête, a un caractère entier, n’a pas peur, et qui célibataire après plusieurs histoires de couple élève ses quatre enfants sur ses terres. Un homme courageux qui de l’avis du Grand Chef ne recule pas et prend les coups de face (coups de fusil en 1987, coup de couteau). C’est ainsi que se dessine au fil de la journée le double portrait de Dydime, avant et après 1990. un homme, qui agit et répond de ses actes, qui après le handicap de son père en tant que fils aîné (le 3ieme de la fratrie après deux grandes sœurs) va défendre les intêrets de la famille et ne veut pas laisser filer ses droits. Et avant tout sur la terre à qui appartient le clan. Particulièrement les droits sur le Rocher : une parcelle de leur terre, pas un tabou, mais dans la langue kunié« un lieu à préserver ».

    Un homme qui montera une flottille de pêche avec 3 bateaux et 7 kuniés embarqués pour la pêche au fusil : poissons, langoustes pour les gîtes de l’île. L’ascendance paternelle. Et changera d’activité après sa blessure de 1987 qui lui interdira la plongée, pour devenir sculpteur, monter un projet culturel pour occuper les jeunes, dans la période des années 1990 après les évènements et les accords de Matignon. Projet raconté par un ancien journaliste des Nouvelles Calédoniennes à la barre l’après midi. Il raconte avoir vu à l’inauguration du Village des Arts prévu sur Le Rocher de Kanuméra des gens qui travaillent, avancent ensemble dans une période où rares sont « les souffles d’espoirs », un projet exemplaire que le journal avait jugé bon de montrer en y envoyant un reporter. Qui sentira et dira dans un article les réticences du Grand Chef qui préférait que le rocher reste un plongeoir pour les enfants kuniés et contestait le droit de propriété des Konhu sur ce « caillou » . La fête sera gâchée par l’interdiction soudaine du Maire Grand Chef de finaliser ce projet qui devait réunir les huit clans de la tribu par huit symboliques cases érigées sur le rocher. Le rêve du clan Konhu de gîte traditionnel en cases avec atelier de sculpture et partage des savoir-faire traditionnels prend fin en 1992 avant d’avoir été mené à son terme. Ce refus sera le point de départ d’accrochages sévères avec la Mairie qui alimenteront la « mauvaise réputation » du clan Konhu auprès des autorités administratives. Dydime amorcera un nouveau tournant dans sa vie en prônant un retour à une vie originelle, naturelle, qui va aux champs en suivant ainsi l’ascendance maternelle ! Il accueillera aussi pour y planter leurs tentes, sur la propriété familiale en bordure de la baie de Kanuméra, les touristes et vacanciers avec qui il a établi des relations presque de « famille » comme le raconteront à la barre deux femmes venues l’une en vacances avec ses petits frères et l’autre avec des jeunes de la cité Pierre Lanquette à Nouméa.

    Antoine appelé ce mardi après midi à se présenter et parler de lui à la Cour est le cadet de 7 ans de Dydime. 6ieme de la fratrie. Il évoquera à son tour la déception de voir tous les projets de gîte contestés . En 1990 il a 25 ans, est revenu sur l’île après une scolarité secondaire jusqu’au BEPC à Païta et Nouméa. Il est présenté dans le témoignage écrit de la femme de son frère comme « calme, qui ne se bat jamais avec quiconque », par l’expert Jacques Ruffet comme quelqu’un de « littéraire, qui élève le débat, un catholique croyant pour qui le curé est un professeur ». Il pêche avec son frère, cultive les champs avec lui pour la famille et pour avoir des pièces pour le sucre, le lait en poudre pour les femmes à la maison… Il n’a pas compris le refus du grand chef alors que le projet avait obtenu l’accord des petits chefs, il parle de mauvaise communication entre et dans les chefferies. Il était jeune et parle du souvenir de l’impression de chaos apparu, des changements de comportements, des gens désorientés pendant deux ou trois ans au moins. Il affirme néanmoins son respect, sa confiance envers Hilarion Vendégou : « on se soumet quand l’autorité s’impose »dit-il .

    Aucun des deux frères n’aura, aux dires des témoins venus à la Barre ce mardi, causer la moindre inquiétude aux femmes et enfants venus en vacances ou en We sur l’Ile. Ce sont des témoignages d’amies d’origine calédonienne qui ont des relations anciennes avec la famille kunié.

    Venons en au Rocher, le plongeoir centenaire des petits kuniés.

    D’abord : interdit ou pas ? Une témoin calédonienne nous dira : « quand j’étais petite, on avait le droit de monter, quand j’ai grandi c’était interdit’ . Entre les deux le rejet des projets des Konhu au début des années 90, à partir duquel ils ont posé une pancarte et des bambous pour afficher leurs droits sur le rocher. Les gîtes et hôtels signaleront dès lors la nécessité d’obtenir une autorisation pour y monter . « Climbing or not climbing ? »

    Ensuite : accessible ou pas ? Une autre témoin, directrice de colonie de vacances, racontera comment en Janvier 2002 (3 mois avant le drame) , elle y conduisait encore des enfants de 6 à 12 ans en vacances au centre inter armée de l’IGESA . Sans avoir la moindre inquiétude sur la dangerosité du site : le rocher est petit, l’escalier permettait l’accès des petits sans aide, les sentiers étaient bien dégagés et propres, le terrain déblayé, les arbres sur le côté protége du

    soleil . Et les militaires du centre montaient avec eux, sous la conduite de Dydime qui guidait et expliquait les légendes aux enfants. Même les touristes sur la plage se joignaient à eux parfois .

    M Carpentier

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  18. #18
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 20th, 2009 at 9:56

    Mercredi 15 Avril . Perles d’audiences dans le Pacifique .

    Dans l’enceinte du tribunal de Nouméa, ce mercredi 15 Avril deux mondes se sont succédé à la barre. Les auditions sont nombreuses, denses, longues. L’attention de la Cour est soumise à rude épreuve . Le va et vient entre deux mondes est un exercice qui demande de la concentration aux magistrats, aux jurés, aux avocats, aux experts et aux témoins.

    Illustrations :

    Marie-Hélène Iékawé, Alolo pour la famille et les amis, belle- sœur d’Antoine et Dydime est appelée comme témoin sur la personnalité des deux frères. Originaire de l’île de Tiga elle vit depuis 23 ans dans la famille Konhu à Kanuméra et Vao. Son mari est chef d’escale à l’aéroport de l’île des Pins, elle est secrétaire médical au dispensaire de Vao. Ils élèvent tous deux 7 enfants, deux filles aînés sportives de haut niveau dont l’une en équipe de France dans une discipline, le volley-ball que pratiquent les jeunes partout sur le caillou et dans les Iles loyauté, le plus jeune fils a 5 ans.

    Elle parle de ses beaux-parents « c’étaient les premiers constructeurs de gîtes en tribu sur l’Ile des Pins, en 1986 » . Mais les financements sur fonds public pour les rénovations et les extensions, acceptés dans les palabres coutumiers par les Petits-Chefs n’ont jamais été accordés par le Grand Chef.

    Elle parle de leur ligne de conduite : « faire tout pour que les enfants réussissent ».

    Elle parle de leur vie avant 2002. « On vivait très heureux sur la plus belle baie de l’île, on a de beaux enfants, on a tous les deux un travail salarié »

    Elle admet l’existence d’un conflit avec la grande chefferie mais « une chefferie, c’est tout pour un mélanésien. On ne conteste pas l’Autorité, mais la façon dont elle est exercée par la grande chefferie. Dans notre tribu, on représente l’autorité. Nous, on n’avait pas besoin de ça, à qui profite le crime ? » interroge-t’elle.

    Elle revient sur le projet de village artistique monté par Dydime en 1990 « un beau projet : sculpter sur le Rocher en donnant une place à chacune des huit tribus et vendre aux touristes sur la baie, donner une activité aux jeunes pour les occuper sur l’île » . Et évoque la déception énorme dans le groupe quand le projet a été refusé sans qu’une alternative de solution soit donnée aux jeunes qui avaient travaillé dessus. Et la suite, pendant 2, 3 ans parce que « c’est vite fait de marginaliser, c’est plus dur de réintégrer » conclut elle sur l’évocation de ces années 90.

    Et elle poursuit sur le drame de 2002 : « cette affaire c’est une souffrance de notre âme depuis 7 ans ».

    Elle explique avec ses mots que « les deux (Antoine et Dydime) on les juge pour leurs défauts. Ils ont des qualités, il faut regarder dans le cœur des gens. Leurs défauts, les bêtises qu’ils ont faites, ça fait pas d’eux des assassins. Ils sont différents : Dydime c’est le grand frère, il a la parole facile, Antoine est plus réservé, je suis la femme de son grand frère, il me respecte, ne s’adresse à moi que quand c’est nécessaire, après 23 ans, il me vouvoie encore par respect ! Je leur ai toujours laissé mes filles à garder, en confiance. ».

    On apprendra d’elle par contre que son travail au dispensaire et ses relations avec les assistantes sociales l’ont conduit à avoir connaissance de plaintes de jeunes femmes au sujet d’agressions, « les plaintes n’ont jamais traversé l’océan » (jusqu’à Nouméa). Et aussi que 20 patients sont suivis par un psychiatre sur l’île « le docteur leur fait des injections régulières ».

    Pas vraiment un paradis vu de l’intérieur, une fois replié le dépliant touristique !

    Illustrations sur une autre planéte :

    Aujourd’hui au tribunal de Nouméa on a vécu ce que Déwé Görödé, vice-présidente du gouvernement de NC, écrivain, femme de cœur et femme de lettres décrit si bien dans un texte offert à Antoine :

    Extraits « /…/ Tomber sous le coup de la justice ici procède encore bien souvent d’une mauvaise rencontre de troisième type avec des êtres tombés du ciel ou …de la planète Mars. /…/ Avoir affaire à la justice dans ce pays, c’est encore aujourd’hui se retrouver devant un pouvoir régalien unilatéral avec tous les moyens légaux et répressifs dont il dispose à l’échelle …de la planète Terre.

    Et d’abord la maîtrise de la langue dont elle use pour pouvoir ne serait-ce que répondre à la question. Evidemment, il y a le jury populaire, les assesseurs civils et coutumiers, les avocats commis d’office ou les avocats quand on en a les moyens. Mais il faut savoir aussi qu’il n’y a pas d’avocat kanak au barreau de Nouméa où jusqu’à présent et jusqu’à preuve du contraire, il n’y a eu qu’un seul juge Kanak.

    Et il n’y a pas non plus de psychologues Kanak pour juger de la personnalité de l’accusé au moment des faits, de l’intérieur, on va dire, puisque c’est justement une science qui va et qui voit à et de l’intérieur. »

    Après des heures d’auditions d’experts « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »

    La querelle de mots cache une querelle de concepts, d’écoles. Chacun d’eux en toute sincérité se réfère à sa formation, son expérience dans un autre hémisphère, ses livres, ses maîtres à penser, ses modèles américains, canadiens, français. Ses grilles, ses planches de tests. Aucun de ses outils n’est adapté à la culture océanienne. Le complexe d’Oedipe est appelé en renfort. Pour comprendre des liens filiaux et expliciter des structurations de personnalités par rapport à l’image de la mère et du père. Dans un pays ou les enfants grandissent en tribu élevés par plusieurs femmes et guidés par des tontons utérins plus importants pour grandir que le géniteur. Dans un pays où on vit maritalement sans se marier tant que les aînés ne sont pas mariés dans l’ordre de la fratrie et tant qu’on n’aura pas du côté du garçon les moyens pour organiser un mariage digne de son clan et de ses coûteuses coutumes.

    On retiendra quand même de l’audition du premier expert, médecin psychiatre, quant aux conditions de cette expertise, qu’il a répondu en Mai 2002 à une sollicitation pressante du Juge d’instruction. Il n’avait jamais fait d’expertises en urgence auparavant. Il aura vu Dydime et Antoine moins d’une heure chacun après leur arrestation et leur transfert à Nouméa dans la salle de garde-à-vue . « Le juge voulait les réponses vite » dira-t’il , « j’ai pu répondre à sa demande », et aussi à propos des rituels supposés « c’est le juge d’instruction qui m’a renseigné » No comment…

    Quant au second expert, commis en février 2004 par le même juge d’instruction à qui décidément on ne dit pas non, pour réaliser une contre-expertise psychologique en urgence, après 3 heures d’audition à la barre ce mercredi, il finira par soupirer « je commence à regretter d’avoir accepté de faire une expertise psychologique, je suis psychiatre ! »

    Pour éclairer l’obscurité dans laquelle nous plonge les contradictions et l’impuissance des experts à dire qui sont les deux hommes qu’ils ont eu à examiner une heure au poste de police ou en prison , il est salutaire de revenir aux images ensoleillées d’Alolo à la tribu de Komanya « quand ils vivaient heureux sur la plus belle baie de l’île des Pins » avant 2002, et suivre son conseil : « regarder dans le cœur des gens » .
    Maryvonne Carpentier

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  19. #19
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 20th, 2009 at 9:57

    Jeudi 16 Avril. Troisième jour de procès.

    La Journée des femmes, la Journée des Chefs : deux journées en une.

    La « Journée des femmes ».

    Elle met sous les projecteurs Antoine dans ses relations à ses amies et compagnes, depuis la fin des années 1980. Autant les experts qui ont défilé à la barre dans les auditions précédentes auront été incapables de nous donner la même vision des frères Konhu , autant les femmes qui ont partagé où partage encore la vie d’Antoine auront décrit le même homme à 20 ans d’intervalle.

    Dans le décor de la propriété familiale sur le bord de la baie de Kanuméra il est décrit dans les années 1988, par une première amie d’origine européenne auditionnée ce jour, comme un jeune homme doux, tendre, patient, posé et attentionné. « Son comportement avec les enfants m’avait touché » ajoute-t’elle.

    Solitaire, renfermé ? Non. Réservé ? oui. Elle le rencontrera à l’occasion de vacances sur l’Ile des Pins. Après deux ans, cette relation amoureuse dans laquelle elle s’est fortement investie cessera en 1990 au moment où Antoine s’implique avec son frère dans le projet de village des Arts sur le Rocher. Éloignement sans heurts, sans histoires. Ce n’est pas son tempérament : s’il est en colère il se lève, va faire un tour pour réfléchir et revient quand il a compris ce qui vient de se passer, explique-t’elle. Aujourd’hui s’il a perdu la spontanéité de la jeunesse, il a pris de la maturité, de la sagesse, il relativise les choses en prenant du recul avec un regard positif.« Depuis 20 ans les liens créés avec la famille, avec Antoine ne s’évanouissent pas, ils continuent à êtres chers à mon cœur » ajoute-t‘elle.

    Interrogée sur l’expression « kanak en rut » qui lui a été appliqué au premier procés elle se déclare « profondément choquée ’ .

    C’est une jeune fille, très belle aussi aux dires de son frère canadien français, dont on évoque la relation « romantique » avec Antoine. Il est venu apporter son soutien à ses amis kuniés rencontrés dans l’été 92 et lire une lettre de sa soeur. Elle passera 3 mois dans la famille Konhu, « laissée en confiance » par son frère. Pour lui si Antoine est plus timide que Dydime cela tient à sa personnalité et aussi à sa place de cadet dans la famille, il est dans son rôle.

    La compagne actuelle d’Antoine, entendue à la barre en fin de journée a rencontré Antoine, il y a 20 ans, elle en avait alors 17. Elle est tombée amoureuse de l’île, s’est liée à la famille Konhu et commencé une relation fraternelle avec les frères. C’était dit-elle des garçons qui attiraient l’amitié . Elle aura une petite aventure avec Antoine, décrit comme beau, une belle personne ! Il est à ses yeux devenu plus sage, plus fataliste que revendicatif de ses droits. S’il est toujours discret elle le dit broyé, cassé à l’intérieur par les épreuves subies depuis 2002. Pour elle c’est un homme de paix , qui voudrait que sa famille retrouve la paix, comme l’a demandé le père Apikaoua . Aujourd’hui elle partage avec lui sa vie et son combat pour la liberté depuis 2008 et l’aide à retrouver l’harmonie intérieure. S’ils leur arrivent comme dan tout couple de ne pas être d’accord c’est lui qui quitte la pièce pour se calmer ou qu’elle se calme, il préfère l’évitement à la confrontation, explique-t’elle. Interrogée par l’avocat des parties civiles sur des craintes ou peurs qu’elle pourrait éprouver, elle répond sans hésiter « je suis calédonienne, un mélanésien m’inspire confiance autant qu’un homme en robe ».

    Sa seule peur : le perdre.

    Après ces auditions, l’homme qu’il nous est donné de rencontrer est décidément bien loin de celui qu’on tente contradictoirement de nous présenter dans la planète des experts !

    La journée des chefs.

    Chefs temporels coutumiers : grand chef reconnu ou petit chef contesté, chef spirituel à l’autorité reconnue unanimement, l’audition d’Hilarion Vendégou, Grand Chef et maire de l’Ile des Pins et celle du pére Rock Apikaoua auront marqué la troisième journée du procés.

    En la présence du chef, c’est Dydime seul qui est sur le devant de la scène. La similitude des traits physiques frappe à l’audience lorsqu’on embrasse d’un seul regard les deux hommes qui se font face : l’un est à la barre, le second sur le banc des accusés. C’est la même impression de puissance qu’ils dégagent. La salle retient son souffle pour mieux entendre ce qui se dit et les téléphones portables fonctionnent dans les couloirs pour faire parvenir à ceux qui restent à l’Ile des Pins les échos de ce qui se dit à l’audience.

    La première surprise c’est que le Grand Chef éprouve à la barre les mêmes difficultés que ses « sujets » en 2007 au premier procés, dont il avait été le grand absent. Difficulté à se positionner au niveau du micro, à regarder dans la bonne direction vers la Cour, à entendre les questions et comprendre leur subtilité. Le Président, remarquable dans rôle d’arbitre et de facilitateur depuis le début du procés, s’emploie à veiller à ce que tout soit bien compris des témoins, en montrant un grand respect des cultures du pays .

    La seconde surprise tient dans ses déclarations sur sa présence et son rôle dans la période entre le jeudi 2 mai date de la disparition de Mika Kusama et le lundi 6 Mai, date ou son corps est retrouvé sur le rocher.

    Il « était sur Nouméa le 2 Mai », il dira ne pas situer son retour sur l’Ile « vendredi ou samedi, j’ai pas les dates en tête » . Décidément le chef comme ses sujets a du mal avec les emplois du temps !

    On apprend :

    * Que ce n’est que le lundi matin à 8 heures que « la brigade passe à la chefferie de Vao » lui parler de la disparition de la touriste japonaise, plus de 3 jours après que la gérante du gîte a prévenu la gendarmerie. Avant à Vao, il n’était pas au courant.
    * Que c’est de Vao que sont partis les bus avec les hommes réquisitionnés par le Grand Chef, organisés en 4 équipes avec chacun une zone de recherche à fouiller.
    * Que c’est chez Hilaire Kouathé à Kuto qu’a été installé le QG de recherche.
    * Que c’est donc sur son ordre qu’une équipe est montée sur le rocher.
    * Qu’il est retourné sur Vao et a été averti vers 11h que le corps était retrouvé sur le rocher.
    * Qu’il a invité les hommes à partager un casse-croûte vers midi à Vao.
    * Et enfin que dans l’après-midi, une coutume de remerciements à été fait à la chefferie dans la tradition pour remercier les sujets qui ont participé aux recherches.

    On comprend :

    * Qu’à aucun moment des contacts n’ont été pris avec le clan Konhu, dont on se passe de l’autorisation pour monter enfin sur le rocher.
    * Et pourquoi Dydime n’a pas participé à des recherches organisées de cette façon : il nous a déjà expliqué que sa façon de contester l’autorité c’est de « ne pas porter l’igname au Chef, et ne pas participer au travail coutumier ». Sa place et celle des hommes de son clan n’étaient pas aux côtés du petit chef contesté de Komanya et du grand Chef qui l’a investi. C’est la logique coutumière qui prévaut.

    Par contre on comprend mal comment cette non-participation aux recherches a pu être présenté comme un signe probant de culpabilité au premier procés.

    Le réconfort viendra de la parole du Père Vendégou, venu en homme de paix apporter la paix, comme il l’a si bien fait dans la réconciliation entre les trois familles tragiquement divisées, il y a 20 ans par la mort de Jean Marie Tjibaou, Yéwéné Yéwéné tués à Ouvéa par Djebelly Wéa, mort sur place aussi.

    Il invite Antoine et Dydime, ses neveux, à retrouver la relation de fraternité dans la chefferie en « suivant des chemins coutumiers, celui de la Chefferie, celui de la tribu de Komanya » et « si les chemins sont bouchés, emprunter le sentier des femmes ».

    Son autorité de chef spirituel est incontestée sur l’Ile des Pins dont il est originaire, comme dans tout le pays qui a besoin de sages pour rapprocher les contraires et tenter de mettre un terme aux rancoeurs et jalousies qui sont d’autant plus grandes que les communautés sont petites, face à la complexité des enjeux du monde moderne .

    Maryvonne Carpentier

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  20. #20
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 20th, 2009 at 9:57

    Procès Konhu Jour 3 Claudie Delorieux.
    Le Grand Chef, M. Hilarion Vendegou, à la barre …
    Grand Chef et Maire, et en tant que tel, premier Magistrat de l’Ile.

    Il avait été convoqué par la partie Civile au procès de 2007, et n’était pas venu pour raisons de santé. Aujourd’hui, il s’est rendu au Tribunal, à la demande de la Défense, pour témoigner sur la personnalité des accusés, mais aussi apporter son point de vue sur le climat existant alors à l’île des Pins, les tensions au sein de la tribu de Komagna, notamment entre le clan Kouathe et le clan Konhu, au sujet du foncier et de la succession à la chefferie de la tribu, sur ses prises de position, son rôle dans ces conflits et sur toute la problématique du rocher , emblème de l’île, touristiquement parlant, comme l’est la Poule de Hienghène…

    Pour M.Vendegou, le Rocher appartient, selon la Coutume, à la tribu de Komagna, qui comprend plusieurs clans, il n’appartient pas au seul clan Konhu.
    Lorsque les jeunes, avec à leur tête Dydime, « la bande du rocher », ont voulu construire un Village des Arts, avec des cases, une au centre représentant la chefferie, 8 autour représentant les 8 tribus de l’ile des Pins, il s’est opposé et à partir de là, les Konhu se sont approprié le Rocher dira-t-il.
    Alors qu’ hier, M. Bedigon, qui était à l’époque journaliste aux Nouvelles, affirmait que c’était une réalisation ambitieuse, menée par des gens investis, pour M. Vendegou, c’était un prétexte à des réunions entre jeunes pour fumer du cannabis, boire de l’alcool et du « liquide », à base de datura faudra-t-il comprendre, consommer des champignons, que c’était un lieu où ils pouvaient s’organiser, et mener une vie douteuse. Il affirme que c’est pour cette raison qu’il a fait interdire la suite de la réalisation du Village, en pleine inauguration avait précisé M Bedigon . Une autre raison à cette interdiction, le caractère sacré du rocher, et M. Vendegou de se dire dans la lignée du Conseil des Anciens qui, il y a très longtemps s’étaient opposés à la construction d’un … casino, sur le Rocher !
    En réaction, les frères Konhu ont interdit l’accès au rocher, et, pour éviter les bagarres, M. Vendegou explique qu’il a demandé à la population de ne plus monter sur le rocher, et aux propriétaires des gites d’informer les touristes de cette interdiction …
    Le souci du Maire pour la protection du rocher comme lieu naturel, emblématique, sacré, pour la sécurité des jeunes jouant avec leur santé en s’adonnant aux drogues, pour la tranquillité des habitants de l’ile et des touristes de passage ne fait pas de doute … mais on se trouve maintenant devant un lieu emblématique qui de « sautoir naturel pour les enfants kunié », accessible à tous, au lieu de devenir un lieu d’exposition de sculptures dans des cases, attirant les touristes, pour la modique somme de 100f, est devenu un lieu « sacré », « tabou » dans le sens d’interdit, par le Grand Chef et devant un amalgame patent qui fait des Konhu sous prétexte que leur rocher est sacré, des accaparateurs … Comme le dira Maître de Greslan : c’est la faute à Dydime …

    Une question posée par le Président apporte un autre éclairage encore : d’après le Grand Chef, la « bande à Dydime » n’avait pas demandé l’autorisation pour construire ce Village des Arts et donc n’avait pas respecté la Coutume. Plus tard, la Défense prouvera le contraire en produisant devant la Cour un accord de palabre des 8 clans de la tribu de Komagna, à l’unanimité, ce qui peut suffire puisque, comme M. Vendegou lui-même avait précisé au début de sa déclaration, qu’ une tribu peut prendre une décision la concernant si tous les chefs de clan sont d’accord, sans s’en référer au Grand Chef … Le procès verbal, paraphé des 8 signatures était paru dans le journal, et il y était stipulé que le clan Konhu était l’unique propriétaire légal de l’endroit … M. Vendegou déclara alors que des pétitions comme ça, où les gens signent, c’était courant à l’époque, que ça ne vaut rien … le Président lui offrit alors une issue honorable, il en sera d’ailleurs remercié, en rappelant qu’un procès verbal se dresse devant une autorité comme la gendarmerie qui joue alors le rôle de greffier … Visiblement, lorsque quelque chose n’a pas de valeur aux yeux de M. Vendegou, il l’ignore, tout simplement, comme il le dira à Maitre Faucher quand celle- ci lui demandera pourquoi n’a-t-il pas contesté quand ce procès verbal a été envoyé au Haut Commissaire…

    Cette attitude de Grand Chef au-dessus des règles établies apparait aussi dans la problématique de la succession au poste de petit chef de la tribu de Komagna. A la mort de Dominique Konhu, chef de tribu jusqu’en 1998, lui-même succédant à son père Ambroise ( succession héréditaire et droit d’ainesse), la contestation du droit est soulevée par le clan Kouathe en 2001 et, dans l’arbitrage de ce conflit, le grand chef favorise la nomination de Hilaire Kouathe, nommé petit chef de la tribu par son seul clan alors que la tribu en compte 5, selon le procès verbal de 2004. Cette décision ne sera pas entérinée par le Sénat Coutumier.et le refus du Sénat est contesté devant le tribunal administratif sur requête présentée par Hilaire Kouathe et Hilarion Vendegou, en sa qualité de président de l’Aire Djubea Kapone, tous deux assistés par Maître de Greslan, avocat de la famille de Mika Kusama…
    Toute cette explication n’a pas pu se dire en Audience, M. Vendegou, disant simplement que le premier chef de Komagna était un Kouathe et que les Anciens peuvent donner le poste à quelqu’un d’autre s’ils le veulent… En l’occurrence ici, ce ne fut pas un Conseil qui prit la décision, mais un seul clan, validé par le Grand Chef…

    Par la série de questions posées par les avocats des deux parties, on devine les thèses déjà utilisées en 2007… l’Avocat Général, demandant si on peut envisager un coup monté par le clan Kouathe pour des questions de rivalité de terre ou de pouvoir : le Grand Chef dira que non, que ce n’est pas dans la culture Kanak, alors que nous savons tous que le foncier est au cœur des guerres tribales d’antan et des querelles actuelles, la terre étant à la base de l’identité kanak … et représentant en plus désormais d’importants intérêts financiers ! Maître de Greslan demandant a M. Vendegou s’il savait que Dydime et sa bande avaient détruit des crânes, détruit des sépultures : Dommage qu’il ne lui ait pas été demandé COMMENT il le savait car sa réponse fut affirmative, en nuançant toute fois: le seul fait de toucher un ossement découvert dans la forêt est une violation de la coutume , mais nous savons qu’il faut faire passer « la bande à Dydime » pour des profanateurs de tombes afin de pouvoir avancer la thèse du feu « rituel » expliquant le corps carbonisé de la victime et les cailloux disposés tout autour… et la question de la Défense, concernant la visibilité de ce feu depuis les habitations des familles Konhu ET Kouathe, des 2 familles et non pas d’ une seule…

    Une anecdote : la révélation que le responsable d’une agression sur 3 touristes japonais avec un sabre d’abattis et un fusil de chasse sous- marine, d’abord imputée aux Konhu, était … Hilaire Kouathe, le petit chef de Komagna nommé par Vendegou !

    Un geste qui en dit long sur la subtilité des relations entre Kunié, entre Chef et Sujets … et qui augure peut-être d’une évolution dans leurs relations: la poignée de main et le sourire échangés entre les deux Konhu assis dans le box des accusés et M. Vendegou quittant la salle d’Audience, leur petit cousin, leur frère donc …

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  21. #21
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 20th, 2009 at 9:58

    Procès- Jour 2 par C. Delorieux
    Personnalités des accusés : bataille d’experts !

    Heureusement qu’on n’en a pas entendu qu’un ! On a eu la démonstration qu’une expertise psychologique ou psychiatrique, c’est une vision partielle, et très subjective, qui peut affirmer la thèse contraire de l’expertise précédente …
    Dydime, est pour l’un, bon père de famille qui a élevé 4 enfants, pour l’autre, il n’a pas manifesté beaucoup de constance auprès d’eux, pour l’un il est certes impulsif, mais davantage violent dans le verbal, même s’il ne recule pas devant l’affrontement physique, pour l’autre, son narcissisme, la boursouflure de sa personnalité, donc le refus de la critique fait qu’il peut passer à l’acte s’il rencontre une opposition… Quant à Antoine, pour l’un, il est calme, posé, même s’il peut manifester une certaine réactivité dans la tension, il ne souffre d’aucun trouble psychiatrique, d’aucune pathologie alors que pour le Docteur Schlitz, c’est assurément un psychopathe, capable de passer à l’acte, car il a une intolérance majeure à la frustration …Etc. !
    Se saisissant de ce diagnostic contesté et contestable, l’avocat de la Partie Civile, par ses questions, reprend sa fable de schéma criminel de 2007 : Antoine n’ayant pas eu de relations sexuelles depuis des mois, se méprenant sur l’attitude de la jeune femme japonaise qu’il a emmenée visiter le rocher ne supporte pas d’essuyer un refus et passe à l’acte barbare…La graine de la culpabilité d’Antoine est semée, gageons qu’elle sera arrosée tous les jours par ce jardinier de l’intime conviction.
    Les avocats de la Défense, eux, interrogent pour comprendre comment on peut arriver à des conclusions aussi contradictoires… .Des réponses données hier et aujourd’hui, il apparaît que :
    – les expertises ont été réalisées à des dates différentes, au début de leur incarcération en 2002, 2004 et 2007, 2009 … Certaines ont été réalisées en prison. Évidemment, la situation émotionnelle n’est pas la même, le sujet vit différemment l’expertise si elle lui est imposée par le système judiciaire ou si c’est à la demande de son avocat …
    – L’outil utilisé est différent. Il s’agit pour le Docteur Schlitz, psychiatre invité à mener une contre-expertise psychologique, de tests, qui ont l’inconvénient d’avoir été créé pour des sujets occidentaux, avec des références occidentales. Les planches, à partir desquelles le sujet est invité à s’exprimer, représentent des scènes de vie courante mettant en scène des personnages européens et renvoient symboliquement à des situations humaines universelles. L’interprétation qu’en fait le sujet peut révéler, et on s’appuie sur des statistiques pour l’affirmer, des troubles de personnalité, tout comme elle peut plutôt simplement révéler un champ d’expériences qui lui est personnel tout simplement… .
    Pour le psychologue entendu hier, M. Tibouville, il lui a paru plus pertinent de ne pas utiliser ce genre de tests mais de conduire des entretiens cliniques diagnosticaux au cours desquels, plutôt que le discours explicite, c’est le discours latent qui est observé, analysé, interprété, à partir de critères internationaux. Cette technique permet de déceler d’éventuelles tentatives de manipulation, mais elle n’est possible que si le sujet accepte de collaborer, et l’expert alors se doit de créer la relation de confiance indispensable… Et il se doit d’avoir le moins d’information possible, outre les faits qui sont le prétexte de l’expertise, pour éviter les aprioris. Or certains, comme le docteur Schlitz, disposait des rapports précédents, qu’il étaye manifestement. D’autre, la confiance ne s’étant pas établie, plutôt que de dire que le diagnostic ne peut être établi, tire des conclusions non étayées.
    Pour le Docteur Masson , consulté par visioconférence, aucun des 2 frères ne présente de troubles mentaux. Il est expert national à la Cour de cassation, a fait en 40 ans plus de 10 000 expertises, est venu 42 fois en Nouvelle-Calédonie et rit en se rappelant les erreurs de décryptage des mimiques des gens d’ici, le silence d’un sujet, sa lenteur à s’exprimer ne signifiant pas forcément qu’il est méfiant et qu’il ne veuille pas collaborer. Lui, quand un sujet l’insulte, il évacue, il n’en tient pas compte, cela fait partie de l’ordre des choses étant donné la situation dans laquelle se trouve le sujet. Alors que dans l’entretien avec le psychologue M. Bonneteaux, le fait qu’Antoine ait interrompu la séance en saisissant et chiffonnant sa feuille de notes a été interprétée de façon définitive comme une preuve de propension au passage à l’acte, une incapacité à réfréner son impulsivité, à dominer sa frustration, critères répertoriés pour déclarer quelqu’un de psychopathe.
    Les simples observateurs que nous sommes avons bel et bien relevé des déductions hâtives du style « il veut faire de la gestion, il aime donc le calcul, il est calculateur », des attitudes projectives « je sentais, « j’avais le sentiment », et des oublis d’objectivité : il « prétend » que le rocher leur appartient, il « s’accapare » le rocher …
    Heureusement aussi qu’il a été dit que la psychiatrie, la psychologie ne sont pas des sciences objectives, mais bel et bien un ART … Façon de s’excuser de tout ce flou artistique ?
    Immanquablement, ces terribles affirmations sèment le doute. Ce doute qui en 2007 n’avait pas profité aux accusés. La partie civile semble pointer sa stratégie : elle applique le « On ne change ?pas une équipe qui gagne. Puisque ça a marché une première fois, pas de raison que ça ne marche pas une seconde fois » L’opération consiste à installer le décor avec le plausible, le moins certain, le farfelu et attendre qu’il y ait une fusion , ne macération entre toutes les déductions en comptant qu’il y aurait un soupçon résiduel en fin de parcours. C’est une stratégie et elle se ?respecte puisqu’elle a apporté ses fruits dans d’autres procès et qu’on a vu des innocents se faire condamner. C’est ainsi que se fait le lit de l’arrêt de la cour et des erreurs judiciaires.

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  22. #22
    Vote -1 Vote +1RE

    avril 20th, 2009 at 12:18

    injustice existe bien en nouvelle calédonie: allez voir cette affaire de pédophile : suite de cette sombre affaire.

    LES PEDOPHILES ONT TOUJOURS L ENFANT.

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  23. #23
    Vote -1 Vote +1Seleone

    avril 20th, 2009 at 12:41

     » Le calendrier du jugement de cette affaire comme toutes les autres, est vraiment bien ficellé pour diviser les familles, les clans, et les tribus  » en pleine période d’élections,
    on progresse..Bonjour à Guy en passant, la belle époque

    Courage à Antoine et Aimata,
    Ne devenez pas les fusibles

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  24. #24
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 21st, 2009 at 7:39

    Objet : l’étonnant et dramatique périple de Mika Kusama en Calédonie

    Le dramatique voyage de Mika Kusama en Calédonie.
    L’étonnant périple d’une jeune fille curieuse qui au gré de sa fantaisie et de ses rencontres découvre un pays d’où elle ne reviendra pas.

    Les parents de Mika, à qui elle avait promis d’offrir pour le départ à la retraite de son père, ce qui était pour elle le plus beau des cadeaux : un voyage, diront que le voyage était son passe-temps préféré. Sa part de rêve, dirions nous dans un pays où la vie est chère, les logements inabordables pour les petits salaires. Elle était « très, très curieuse » explique sa mère pour qui sa fille « était un trésor » . Active, elle bougeait sans arrêt. A 28 ans elle démissionne de sa société pour faire un stage de 8 mois en France en 2001, séjour qui lui aura donner le goût des sorties, des restaurants, « découvrir et rencontrer des gens était le but de ses voyages » qu’elle aimait faire seule. Courageuse, à son retour au Japon elle retrouve un travail de jour auquel elle ajoute un second travail le soir comme hôtesse d’accueil dans le bar Casablanca au 4éme étage d’un immeuble à Tokyo. La police japonaise interrogera deux clients d’une soixantaine d’années, du bar où elle travaillait quatre soirs par semaine pour se payer ses futurs voyages et aider ses parents. « Elle tenait bien le bar, beaucoup de clients venaient pour elle », nous explique -t’on. Le bar Casablanca fermera en Juillet 2002. Gaie, ouverte , « elle fumait des Mild Seven et aimait la bière et le vin français ». Elle « savait comment se comporter avec les hommes » selon son père, alors que sa mère dit « j’ai pas aimé qu’elle fasse ça, elle a déjà un travail » .
    Sur l’insistance de sa mère qui souhaitait la voir « trouver sérieusement quelqu’un » elle avait accepté de s’inscrire avant son départ en Calédonie, dans un organisme spécialisé et avait rencontré trois fois avant son départ le « boy-friend » à qui elle téléphonera depuis la Calédonie.

    Lorsqu’elle choisit de prendre un vol sec pour profiter de l’offre promotionnelle de billet,au départ de Tokyo, à l’occasion du grand « tunnel touristique » du 1er Mai 2002, vers la destination dont elle rêve, Mika Kusama se fie à son expérience des voyages non organisés et se bâtit, sans tour opérator le programme de sa semaine de vacances.
    Après une visite de Nouméa le lundi 29 Avril dont témoignent les photos prises ce jour là, place des cocotiers et sur l’Anse Vata elle retient un vol avec séjour d’une nuit sur Ouvéa et un vol avec deux nuits sur l’Ile des Pins « Un beau paysage, l’île où elle voulait venir peut-être » s’interroge sa mère . Les tarifs sur Air Calédonie avec 2 vols vers les îles sont avantageux quand on a un billet international . Les gîtes sont moins chers que les grands hôtels.
    Le mardi 30 elle est à Ouvéa au gîte Beautemps-Beaupré. Elle visite la partie Nord de l’île en profitant du day-tour, le guide interprète à Ouvéa lui proposera de la conduire en minibus avec son groupe le matin au « trou bleu ». Photos à l’appui d’une jeune fille souriante, décontractée, posant avec le guide, assise sur un tronc de cocotier coupé. L’après midi, elle circule seule sur Ouvéa et reviendra en voiture au gîte : elle a réussi à « faire du pouce » avec un « homme blanc » selon l’employé à l’accueil. Si c’est habituel pour les europèens de « se faire embarquer en stop », c’est très rare chez les japonais.
    Le lendemain mercredi 1er Mai, elle rentre sur Nouméa, elle a rencontré l’après-midi vers 15h dans le vol du retour un compatriote qui lui conseillera de prendre une chambre à l’Hôtel Le Paris où il loge lui-même et dont le tarif est moins cher que celui où elle a passée la première nuit sur Nouméa. Elle ira dîner avec lui dans un restaurant, ils sont de retour à l’hôtel vers 22H, interrogé bien après par la police il expliquera la venue de Mika dans sa chambre par un problème de fonctionnement de sa douche.
    Le jeudi 2 au matin elle part pour l’Ile des Pins,l’interpréte du day-tour la revoit à l’aéroport de Magenta, attendant son avion. On la suivra sur Kuto en écoutant le témoignage de l’employée du gîte Kuberka depuis son arrivée le matin jusqu’au milieu de l’après midi.

    Puis plus rien, le néant. Conduits sur les lieux de découverte du corps de leur fille, les parents de Mika n’envisageront pas une minute qu’elle ait pu monter seule sur ce rocher « lugubre » : elle avait peur des lieux sombres et des araignées, à preuve son refus de se promener dans les forêts de la montagne natale de sa mère au Japon.
    Sept ans après le drame, sa disparition reste un mystère, chacun de nous est confronté à ses propres hypothèses et au Doute .

    Maryvonne Carpentier

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  25. #25
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 21st, 2009 at 14:24

    Un témoin peut en cacher un autre.
    Que peut t-on attendre de l’audition des témoins à la barre ? Qu’ils parlent sans haine, ni crainte en disant la vérité, toute la vérité en parlant d’abord avec leurs mots, puis en répondant aux questions sur ce qu’ils ont vu, entendu, ressenti, dans un endroit précis, à une date et une heure le plus précisément possible.
    La haine, il n’y en avait pas chez les deux femmes l’une gérante et l’autre employée du gîte où Mika Kusama avait réservé une chambre pour les deux nuits de jeudi et vendredi avant de s’envoler vers Nouméa puis le Japon samedi soir…
    La crainte était si présente que nous l’avons ressentie cet après-midi du 17 Avril dans l’enceinte du Tribunal de Nouméa, jusque sur les bancs du public. Nous avons tremblé avec les témoins. Avec cette courageuse vieille dame malade qui tient le gîte et avec la jeune femme qui a rencontré Mika plusieurs fois dans la journée du 2 Mai 2002.
    Premier témoin : La gérante du gîte.
    Le 2 mai 2002, vers 15h30, elle conduit son pick-up pour ramener à Vao deux mamies assises à l’avant, et ses trois employées assises à l’arrière “dans la benne”. Après le carrefour des trois sapins, l’une d’elle, Irène, s’écrie, alors que la voiture croise un couple marchant sur leur droite en sens inverse en direction de la plage : « C’est notre japonaise ! ».
    En 2002, lors de l’interrogatoire des gendarmes, la gérante avait déclarée : « Irène( son employée), s’est trompée : Mika n’a pas pris cette direction et je ne la vois pas du tout sortir avec quelqu’un en venant d’arriver » . En avril 2009, elle dit « je pense l’avoir reconnue », « je l’ai vue de dos », « j’ai juste jeté un coup d’œil dans le rétroviseur quand Irène a crié que c’était notre japonaise ». Il est clair que plutôt que dire ce qu’elle n’a pas vu avec certitude et s’en tenir à ça, elle parle aussi de ses déductions logiques, de ses pensées : en 2002, c’est son raisonnement qui, lui fait douter de ce qu’elle entr’aperçoit en conduisant. En 2009, c’est la stabilité des affirmations d’Irène qui lui font donner crédit à la vision fugace qu’elle a eue dans le rétroviseur.
    On aurait pu s’en tenir là, son témoignage est fragile, non pas parce qu’elle ment, mais parce qu’elle-même ne se fie pas à ce qu’elle a vu…Mais à l’audience chacun a un rôle à tenir : le Président donne la parole, écoute, fait préciser patiemment pour éclairer les jurés. L’accusation démonte les témoignages de la Défense qui nous montrent Mika marchant le jeudi vers 15h30 sur la route aux côtés d’un homme blanc, sautillant même en lui donnant la main. L’avocat des parties civiles, bien dans son rôle qui est de paver, pierre après pierre, le chemin qui forge l’intime conviction des jurés de la culpabilité d’Antoine , emploie tout son art, pour déstabiliser sous un feu roulant de questions la gérante qui n’est pas sure de ce qu’elle a vu. Illustration : « vous avez dit que vous n’avez rien vu parce que vous conduisiez et maintenant vous dites je me souviens bien, je l’ai bien reconnue », et elle murmure : « j’ai dit que je l’ai pas bien vue, que j’ai aperçu la Mika, en un éclair, dans le rétroviseur », mais Irène, elle ,elle dit que c’était elle ».
    Cette hésitation dans les déclarations va lui occasionner une terrible et inhabituelle accusation de faux témoignage de la part de l’Avocat Général. L’avocat de la Défense venu de Lille défendre Antoine manifestera sa surprise : en des années de pénaliste en France il n’a jamais entendu un témoin se faire attaquer de cette sorte.
    Le mal est fait : elle perd toute confiance en elle et panique. Avec elle on rêve de quitter la Salle du Tribunal et de retrouver la sérénité loin de ces débats tendus. Mission accomplie pour l’accusation : le témoin ment ! La machine à jeter le discrédit sur les témoins qui racontent une autre vérité que la version officielle est lancée. Le journal de samedi ne retiendra que cette audition et ce moment spectaculaire de l’audience.

    Second témoin : L’employée du gîte.
    Elle vient à la barre témoigner après sa patronne des faits importants qu’elle a observé.
    Ecoutons-là, elle n’a rien à gagner, rien à perdre.
    Elle a naturellement un oeil de femme pour observer les clientes et leur tenue, de la curiosité peut-être, de la coquetterie sans doute. Elle voit Mika arriver au gîte vers 9h avec un chemisier noir, une tenue de voyage donc, pour prendre sa chambre : la chambre 3. Elle la décrit mince et petite « comme une japonaise ». Pour mémoire chaque semaine ou presque selon la saison, des australiens d’un autre format physique débarquent du paquebot sur les baies : avec les retraités et touristes métros ce sont les trois grands groupes de touristes que voient passer les kuniés. Elle la voit commander un sandwich vers 10h, pour midi, (au Kuberka on doit commander ses repas du midi et du soir dans la matinée), avant de partir à la plage de Kuto vers la droite , vêtue cette fois d’un robe jaune fluo à bretelles qu’elle décrit avec l’oeil des femmes mélanésiennes qui font elles-mêmes leurs robes et sont toujours à l’affût du petit détail dans la coupe qu’elles pourront ajouter à leur prochaine tenue. “Elle a lâché ses cheveux “ajoute t’elle, c’est à dire défait sa coiffure attachée qui va avec sa tenue de voyage . Irène remarque aussi “son petit sac et ses claquettes “ japonaises” , c’est à dire comme on ne vend pas en Calédonie ! A midi c’est encore elle qui lui sert son sandwich car elle travaille “en cuisine” et lui sert une première , puis une seconde bière tout en lui conseillant de faire attention car “ ça tape avec la chaleur “ au bord de la piscine. Enfin c’est Irène qui, assise dans la benne à l’arrière du pick-up remarquera vers 15h30 Mika marchant sur le bord de la route, sautillant gaiement avec un homme blanc d’une cinquantaine d’années qui lui donne la main ( ou la retient au passage du pick-up ? ) . Les gens ici, photographient et gardent en mémoire les personnes rencontrées, en voiture, ils voient et reconnaissent les personnes qui marchent sur le bord de la route ou qui sont dans les véhicules qu’ils croisent ou qu’ils dépassent : reconnaître une personne de dos, à l’allure, à la silhouette, et même à de grandes distances, leur est habituel . A la question du Président “ vous êtes formelle, c’est bien Mika que vous avez vu ? ” elle répond sans crainte et sans hésitation : “Oui, Monsieur le Président” . Son témoignage est capital . Elle sera la première à être entendue le vendredi par la gendarmerie qui cherche simplement à savoir où et avec qui peut être aller cette jeune touriste disparue. Dans les articles des nouvelles calédoniennes du lundi 6 Mai 2002 avant la découverte du corps et du mardi 7 mai après cette terrible découverte on peut lire : « peu avant sa disparition elle a été aperçue en compagnie d’un homme, probablement un touriste lui aussi ». Après l’arrestation médiatisée des frères cette piste ne figure plus dans la presse .
    Quant à Iréne, ses déclarations ne changeront jamais.Pourquoi ne pas la croire ?
    Ce 24 Avril nous avons avancé vers la recherche de la Vérité, les témoins savent l’importance de leur parole, certains tremblent de peur de mal faire, pas forcément parce qu’ils mentent …
    Qu’on ne perde pas de vue l’objectif de la justice, il y a deux familles qui souffrent.

    Maryvonne Carpentier et Claudie Delorieux.

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  26. #26
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 22nd, 2009 at 13:40

    Objet : cinquiéme jour de procés : les manques de l’instruction dés les premiers jours d’enquête en 2002

    Procés Konhu lundi 20 Avril.
    « On apprend de ses expériences, vous avez dû depuis gagner en rigueur »
    C’est le vœu que le Président de la Cour d’assises a formulé ce lundi 20 Avril 2009, à l’issue de l’audition de l’adjudant chargé de la première enquête. Ce voeu en forme de bilan illustre bien ce que cette 5éme journée de procés, consacrée à l’étude des recherches menées à partir du 3 Mai, nous aura appris des manques flagrants de l’enquête, des certitudes des premiers gendarmes enquêteurs à l’Ile des Pins.

    Manque de bouclage de la zone de découverte du corps, désigné par le terme : « gel de la zone » . C’est à un véritable défilé de mystique, de curieux, de pseudo-enquêteur se prenant pour l’inspecteur Bonaparte des romans d’Arthur Upfield, de femmes émues et troublées qu’on a assisté en écoutant les témoins .
    Avant la découverte du corps c’est Pierre Chanel Kouathé (décédé depuis) qui monte sur le Rocher le dimanche AM vers 17h avant d’aller donner à manger à ses cochons Baie de la Corbeille, après avoir appris au Journal Télévisé de samedi la disparition d’une jeune touriste japonaise. Sa fréquentation des esprits, au contact d’un « monsieur d’une religion » le pousse à aller « chercher la japonaise sur le caillou ». Il fait sombre, il ne voit rien mais prend peur en entendant des voix bien humaines celles là, et se blesse en s’enfuyant du rocher .
    Le lundi, jour de la funeste découverte c’est le chef d’une équipe de kuniés qui monte et alerté par le bruit des mouches trouve le cadavre partiellement brûlé vers 12h. Lorsque le brigadier arrivera à 13h il devra d’abord « procéder à l’évacuation des visiteurs. » ! Le technicien d’investigation criminel n’arrivera de Nouméa qu’à la nuit tombante et restera moins d’1h sur les lieux pour les premières constatations.
    Le lendemain matin mardi le TIC revient pour poursuivre l’examen de la zone de découverte du corps, il s’arrêtera avant en découvrant le « trou » dans le plateau corallien
    Le mardi après-midi c’est Gaston Kouathé à son tour qui monte faire son enquête, accompagné de femmes qui se recueilleront sur les lieux . Il voit des « pierres » (blocs de corail), avec de petites tâches de sang) qui ne seront trouvé par le TIC que le vendredi, soit 3 jours plus tard. Gaston nous apprend à l’audience qu’il s’est livré à des expériences en jetant des pierres sur les pandanus pour tester les griffures et analyser les impacts sur les troncs : sur une scène de crime on croit rêver ! Il ira jusqu’à s’allonger à l’endroit où le corps a été trouvé , expérience macabre et curieuse s’il en est , pendant que les femmes posent des fleurs et accrochent des manous aux branches …
    Nous ne parlerons pas des nombreuses visites qui ont continué jusqu’au vendredi où le TIC revient enfin faire un « ratissage méticuleux » et découvrir les armes du crime décorées de fleurs. Il est vrai à sa décharge, qu’entre temps les « désignés coupables », par le Grand Chef aux dires du brigadier, ont été arrêté .
    Manque d’investigation sur l’anniversaire arrosé de la nuit du 2 Mai. On apprend à l’audience des détails cachés sur une beuverie à laquelle se sont livrés des kuniés , avec de la bière achetée le soir au « marché noir » de 21 h le 2 Mai à 3h du matin le 3 Mai, dans une habitation prés de la brigade sur la partie ouest de la baie de Kanuméra . Avant qu’ils ne remontent à Vao en voiture (!).
    Manque d’approfondissement des recherches menées sur le rocher le dimanche par les gendarmes qui recherchent une jeune touriste inconnue disparue, peut-être blessée, et qu’ils ne fouillent pas entièrement la zone car le terrain est glissant et l’hélicoptère arrivant, ils partent « rejoindre les collègues » pour le survol de l’île.
    Manque de rigueur dans la saisie et la conservation des effets personnels de Mika placés sous scellés dans les locaux de la Brigade. Les scellés judiciaires sont signés dans les règles, au gîte où ils sont établis. Un seul problème mais majeur : ils ne sont pas fermés. « Des scellés ouverts : c’est plus pratique pour rechercher des affaires dedans, un agenda, des photos, les locaux de la brigade sont exigus, il y a beaucoup de monde qui passe » ces explications sont à nos yeux des raisons de plus de ne pas laisser des scellés ouverts !
    Les enquêteurs interrogés ce jour n’auront pas réussi à nous faire partager leur certitude de la culpabilité des deux frères mis en examen de manière expéditive dés le mardi 7, ni à lever les doutes légitimes sur le résultat d’une enquête menée exclusivement à charge.

    exexexexclusivement à charge .

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  27. #27
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 23rd, 2009 at 22:20

    Objet : Mercredi 21 Avril. Au septième jour du procés, le schéma criminel de l’Accusation mis en doute.

    Mis en doute du lieu du crime. Mardi, nous avons entendu un TIC, technicien investigation criminelle, à l’époque seul spécialiste pour toute la Calédonie, Wallis et Futuna, nous expliquer qu’il n’arrêtait pas de se déplacer d’un endroit à un autre, qu’il faisait ce qu’il pouvait mais manquait de temps et de moyens. Quand il est arrivé à l’Ile des Pins le lundi après-midi, il faisait presque nuit, on lui a dit avant qu’il ne monte sur les lieux de découverte du corps : « cette jeune fille a été assassinée sur le rocher par des individus qui connaissent parfaitement le rocher ». Il a fait des prélèvements sur la plateforme et aux abords de l’endroit où a été trouvé le corps, pris des mesures et des photos. Le lendemain mardi matin, il passera trois heures, non sur les lieux de découverte du corps, mais à extraire et analyser des effets personnels de Mika Kusama découverts par hasard dans un trou sur le sentier du milieu. Analyse, qui retiendra son attention pendant 3 heures et fournira à son chef enquêteur « assez d’éléments pour procéder à l’interpellation des Konhu». Ce n’est que le vendredi qu’il reviendra, pour découvrir « les armes du crime » surmontées de bouquets de fleurs : blocs de corail avec des tâches de sang… .Il déclarera néanmoins à la barre qu’il a la certitude que le meurtre a eu lieu sur le rocher. Rejoignant ainsi ses collègues acteurs de la première enquête dont les manques sont pointés depuis des années et qui en sont réduits à se défendre dans le procés de l’enquête qui est fait depuis plusieurs jours à l’intérieur du Procès d’Assises.
    Cet édifice de certitudes a été confronté à l’audition en vidéoconférence du médecin légiste qui a procédé à l’autopsie de la victime à la morgue de Nouméa le 7 Mai 2002. Il n’avait pu être entendu pour des raisons de santé en 2007. Aujourd’hui il a répondu aux questions qui lui ont été posées. Ses réponses sont d’une importance capitale. Nous vous épargnerons les détails atroces des plaies et brûlures. Il ressort que les blessures à la tête et au torse ne peuvent qu’engendrer des « phénomènes hémorragiques importants » qui se traduisent par des flaques de sang. Si elle a été tuée sur place il ne peut pas ne pas y avoir de flaques de sang sur le sol en dessous de la tête. C’est donc pour lui tout à fait envisageable qu’elle ait été tuée ailleurs et transportée après, « un corps ne saigne pas après le décès », mais « si le corps transporté présente des traces de sang, lui peut en laisser là où on le dépose ». Quant au feu, il n’a touché que certaines parties du corps et épargné les autres, pour le médecin légiste, il n’était pas suffisant pour faire disparaître le corps, son intensité ne touchant que la partie supérieure du corps.
    Mises en doute du jour et de l’heure du crime. L’autopsie pratiquée dans l’après-midi du mardi 7 mai fait remonter le décès au minimum à 3 jours, voire 4. Cela ne nous mène pas au jeudi 2 vers 17h . d’autant que la « fumée » aurait dû être senti depuis les nombreuses habitations de Kanuméra.
    Mis en doute du « mobile du crime » prêté à Antoine. Le témoignage de la femme à qui il aurait demandé en prenant un café chez elle, en revenant des champs, de « lui trouver une femme » nous apprend que « il a dit ça en plaisantant ». Chercher une femme pour un homme, en milieu mélanésien c’est chercher une compagne qui pourra faire ce qu’il ne sait pas faire, voire même trouver une épouse par un mariage arrangé coutumièrement. Mais ce sont les femmes de la famille du garçon qui se chargent de trouver une femme pour le fils de la famille, pas les anciennes compagnes, en cela réside la plaisanterie.
    Mise en doute de la dangerosité relative des frères en 2002, sur l’échelle si affligeante de l’île. Parmi les moments éclairants les plus douloureux de la journée, nous retiendrons celui où une femme d’une quarantaine d’années, employée d’un gîte aujourd’hui devenu un Lodge, raconte le viol qu’elle a subi en 1988 de son employeur, et qu’elle porte seule comme une douleur souterraine depuis. Elle dira que des « obsédés, malades sous cachets » : il y en a quelques-uns à l’Ile des Pins et qu’ils sont toujours là à part un décès par pendaison et un autre dans un accident de voiture avec un taux d’alcoolémie de 2g. L’île la plus proche du paradis n’est pas un paradis pour toutes les femmes de l’île des Pins !
    On serait tenté de dire : que fait la police ? que fait la chefferie ?
    Après cette audition, il faut repartir sur d’autres hypothèses de déroulements des faits. Cela ne relève pas d’une Cour d’Assises mais d’une Instruction !
    Cela ne relève pas d’une Cour d’Assises mais d’une Instruction !

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  28. #28
    Vote -1 Vote +1COOLMAN

    avril 24th, 2009 at 7:38

    Des compte-rendus exclusivement à décharge…. Comme quoi, ceux-là même qui dénonçaient l’orientation unique de l’enquête sont tout aussi capables de mettre des oeillères.

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  29. #29
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 27th, 2009 at 21:29

    Objet : Que savons nous de la tragique fin de voyage de Mika Kusama après deux semaines éprouvantes de pro

    Après le long défilé de témoins cités à la barre pour apporter les éléments à la Cour d’Assises de Nouméa force est de constater avec le Président que la lumière est difficile à faire. Si le but des derniers jours d’audience était d’éclairer la Cour sur des faits constatés par des témoins fiables, susceptibles de nous renseigner sur la tragique fin de voyage de Mika Kusama, car c’est bien de cela qu’il s’agit avant tout, ce but n’est pas atteint.

    Le mystère de sa disparition et de sa mort reste entier :
    Si elle a effectivement rencontré Frédéric K sur la baie de Kuto après 11h30 alors qu’elle rentrait à l’hôtel Ku-Bugny qu’a-t’elle fait ensuite ?
    Seule certitude : elle mange un sandwich et prend deux bières au Gîte Kuberka vers midi mais qu’a- t’elle fait ensuite ? A- t’elle fait la sieste dans sa chambre ou est-elle repartie immédiatement ?
    Est-ce Mika que l’employée du Centre de Vacances Igesa a vue vers 14h marchant une bière à la main, en compagnie d’un homme blanc sur le petit chemin traversant qui va de la plage de Kuto à la route vers Vao et qui passe devant le gîte Nataiwaatch ?
    Est-ce encore elle qui a été aperçue par l’employée du gîte Kuberka vers 16h près du gîte Nataiwatch marchant gaiement sur le bord de la route en direction des baies, en compagnie d’un homme blanc qui lui tient la main ?
    Après 16h plus un témoignage n’évoque l’image même fugace de la jeune femme sur les baies. S’est-elle éloignée des baies ? Il reste 3 heures avant le dîner commandé. A t’elle été « embarquée » par une voiture ou s’est-elle joint à un groupe de compatriotes en minibus, comme elle l’a fait à Ouvéa deux jours auparavant ? A t’elle acceptée une invitation comme la veille à Nouméa ? Personne ne peut ou ne veut le dire .

    Pourtant il y a du monde sur la baie de Kanuméra : jusqu’à 16h30 au moins trois groupes de touristes japonais, venus en minibus du Méridien et de l’hôtel Kodjeu, qui regardent les poissons et les coraux avec masque et tuba ou palment autour du rocher comme le confirme le moniteur de plongée qui fait aussi chauffeur au Méridien et le guide traducteur de Kodjeu. Sans compter les clients du gîte et du camping de Nataiwatch nombreux en cette période de « pont » du 1er Mai 2002 : 5 jours entre le mercredi 1er et le dimanche 5. Ce dont profite d’ailleurs Mika comme les touristes japonais, calédoniens ou métropolitains.
    Il y a du monde aussi sur la baie voisine de Kuto où l’on passe s’abriter quand le vent souffle de plus en plus fort d’Est et pour profiter du coucher du soleil sur l’Ouest.
    À la marée basse autour de 17h les deux habitantes des maisons sous les arbres près de la plage de Kanuméra, qui sortent pêcher au soleil déclinant, pour profiter de la grande marée et ramasser des coquillages au pied du rocher feront leur pêche à pied tranquille pendant près d’une heure, il n’y a plus de touristes autour du rocher. Pas de cris, pas de fumée, rien qui indique que quelque chose de terrible sera supposé être commis pendant cette heure-là tout près d’elles.

    Où est Mika pendant le coucher du soleil ce 2 Mai 2002 ? Le contemple t’elle sur la baie de Kuto ? On ne saura jamais si elle l’a photographié comme tant de ses compatriotes : la pellicule photo trouvée la semaine suivante dans le trou où ont été jetés ses effets personnels sera malencontreusement rendue inutilisable par une manoeuvre maladroite des enquêteurs !

    La nuit est retombée ce vendredi 24 Avril 2009 sur le mystère de la disparition de Mika Kusama.

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  30. #30
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 28th, 2009 at 19:32

    SURPRISE AU TRIBUNAL

    Les frères Kohnu acquittés

    Bientôt un billet d’explication

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  31. #31
    Vote -1 Vote +1Franck

    avril 28th, 2009 at 22:20

    Objet : mardi 28 Avril , nous avons vu Kaatada , comme m’écrit Déwé et le slame Paul

    « Aujourd’hui l’acquittement d’Antoine et Dydime , trop fort, trop émouvant, plus de détails demain, aprés une nuit de repos et de réflexion pour laisser retomber l’émotion, aprés les coutumes des tontons et les pilous des femmes au tribunal , puis les chants tard dans la soirée place des Cocotiers . Une journée inoubliable, une famille enfin heureuse un clan qui retrouve son honneur et deux homme la liberté volée. »

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  32. #32
    Vote -1 Vote +1denis

    avril 29th, 2009 at 11:54

    Pour y avoir assisté je retiendrai que le Président de cette cour d’assises à été à la hauteur, il a sans cesse recentré les débats qui ont eu lieu en parfaite liberté d’expression. Les jurés ont tranché, la justice est passée et n’a pas à être commentée.
    Ce qui m’a profondément marqué c’est la joie d’un côté et cette profonde tristesse de cette amaman qui va repartir au Japon sans que la justice puisse expliquer la mort de sa fille.
    Faille dans la justice, très certainement, beaucoup trop d’à peu près, de choses non vérifiées, mal vérifiees, il reste pour l’observateur que j’étais un ressentiment d’enquête baclée et la raison en est à mon avis que des coupables avaient été désignés par la vindicte populaire.
    Je pense très certainement que si on avait fait abstraction à cette présomption de culpabilité cette enquête aurait pu aboutir. On se rend bien compte que dans ce domaine judiciaire il ne faut pas avoir d’idée préconcue et ne pas vouloir un ou des coupables à tout prix.
    Si tel avait été le cas Mika pourrait reposer en paix ce qui n’est pas le cas.

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  33. #33
    Vote -1 Vote +1vivi

    octobre 12th, 2009 at 13:04

    Difficil pour moi de faire confiance à la justice.Une chose qui est vrai c’est que certain qui travail dans ses grands tribunaux bâclent vraiment leur travail.Moi même j’en ai fait les fraits.

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