Au coeur de l’Accord de Nouméa – 1 – (Le Préambule)
-
2 368 lectures
-
Chaque dimanche et à partir d’aujourd’hui, je vous propose qu’on parle de l’Accord de Nouméa, qu’on y réfléchisse et qu’on apporte notre pierre à l’édifice en y proposant quelques réflexions par le biais des commentaires. La libre expression sera une nouvelle fois de mise car beaucoup l’apprécient ou le dénigrent cet accord, mais personne n’en parle jamais publiquement, on a même souvent l’impression que c’est un sujet tabou… Négocié à la suite des accords de Matignon de 1988, l’accord fut signé le 5 mai 1998 à Nouméa sous l’égide de Lionel Jospin. Un scrutin d’autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie (indépendance ou maintien dans la République française) sera organisé à l’issue de cette démarche entre 2014 et 2019. Nous allons tout revoir, du premier au dernier mot de cet accord avec chaque semaine un nouvel article au programme. Le but étant d’en parler, de relever les points positifs et négatifs de ce texte en y apportant nos remarques personnelles. Ce document d’orientation, bien souvent appelé ADN nous constitue, nous lie… c’est notre feuille de route à tous même si nous avons souvent tendance à l’oublier. Il faudra un minimum de foi en cet accord pour qu’il s’applique car malheureusement, rien ne nous garantit qu’il fonctionnera… Il est donc selon moi important que nous en parlions régulièrement, c’est pour ceci que je vous propose ce nouveau rendez-vous hebdomadaire. Bon dimanche à tous et à toutes.Aujourd’hui, Dimanche 23 Aout, nous allons parler du Préambule:
1. Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux.
Or, ce territoire n’était pas vide.
La Grande Terre et les îles étaient habitées par des hommes et des femmes qui ont été dénommés kanak. Ils avaient développé une civilisation propre, avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique. Leur culture et leur imaginaire s’exprimaient dans diverses formes de création.
L’identité kanak était fondée sur un lien particulier à la terre. Chaque individu, chaque clan se définissait par un rapport spécifique avec une vallée, une colline, la mer, une embouchure de rivière, et gardait la mémoire de l’accueil d’autres familles. Les noms que la tradition donnait à chaque élément du paysage, les tabous marquant certains d’entre eux, les chemins coutumiers structuraient l’espace et les échanges.
2. La colonisation de la Nouvelle-Calédonie s’est inscrite dans un vaste mouvement historique où les pays d’Europe ont imposé leur domination au reste du monde.
Des hommes et des femmes sont venus en grand nombre, aux xixe et xxe siècles, convaincus d’apporter le progrès, animés par leur foi religieuse, venus contre leur gré ou cherchant une seconde chance en Nouvelle-Calédonie. Ils se sont installés et y ont fait souche. Ils ont apporté avec eux leurs idéaux, leurs connaissances, leurs espoirs, leurs ambitions, leurs illusions et leurs contradictions.
Parmi eux certains, notamment des hommes de culture, des prêtres ou des pasteurs, des médecins et des ingénieurs, des administrateurs, des militaires, des responsables politiques ont porté sur le peuple d’origine un regard différent, marqué par une plus grande compréhension ou une réelle compassion.
Les nouvelles populations sur le territoire ont participé, dans des conditions souvent difficiles, en apportant des connaissances scientifiques et techniques, à la mise en valeur minière ou agricole et, avec l’aide de l’Etat, à l’aménagement de la Nouvelle-Calédonie. Leur détermination et leur inventivité ont permis une mise en valeur et jeté les bases du développement.
La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations.
3. Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière.
Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d’origine.
Des clans ont été privés de leur nom en même temps que de leur terre. Une importante colonisation foncière a entraîné des déplacements considérables de population, dans lesquels des clans kanak ont vu leurs moyens de subsistance réduits et leurs lieux de mémoire perdus. Cette dépossession a conduit à une perte des repères identitaires.
L’organisation sociale kanak, même si elle a été reconnue dans ses principes, s’en est trouvée bouleversée. Les mouvements de population l’ont déstructurée, la méconnaissance ou des stratégies de pouvoir ont conduit trop souvent à nier les autorités légitimes et à mettre en place des autorités dépourvues de légitimité selon la coutume, ce qui a accentué le traumatisme identitaire.
Simultanément, le patrimoine artistique kanak était nié ou pillé.
A cette négation des éléments fondamentaux de l’identité kanak se sont ajoutées des limitations aux libertés publiques et une absence de droits politiques, alors même que les kanak avaient payé un lourd tribut à la défense de la France, notamment lors de la Première Guerre mondiale.
Les kanak ont été repoussés aux marges géographiques, économiques et politiques de leur propre pays, ce qui ne pouvait, chez un peuple fier et non dépourvu de traditions guerrières, que provoquer des révoltes, lesquelles ont suscité des répressions violentes, aggravant les ressentiments et les incompréhensions.
La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. Des hommes et des femmes ont perdu dans cette confrontation leur vie ou leurs raisons de vivre. De grandes souffrances en sont résultées. Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun.
4. La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps.
Les communautés qui vivent sur le territoire ont acquis par leur participation à l’édification de la Nouvelle-Calédonie une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement. Elles sont indispensables à son équilibre social et au fonctionnement de son économie et de ses institutions sociales. Si l’accession des kanak aux responsabilités demeure insuffisante et doit être accrue par des mesures volontaristes, il n’en reste pas moins que la participation des autres communautés à la vie du territoire lui est essentielle.
Il est aujourd’hui nécessaire de poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun.
La taille de la Nouvelle-Calédonie et ses équilibres économiques et sociaux ne permettent pas d’ouvrir largement le marché du travail et justifient des mesures de protection de l’emploi local.
Les accords de Matignon signés en juin 1988 ont manifesté la volonté des habitants de Nouvelle-Calédonie de tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble des pages de paix, de solidarité et de prospérité.
Dix ans plus tard, il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté.
Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.
La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie.
5. Les signataires des accords de Matignon ont donc décidé d’arrêter ensemble une solution négociée, de nature consensuelle, pour laquelle ils appelleront ensemble les habitants de Nouvelle-Calédonie à se prononcer.
Cette solution définit pour vingt années l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie et les modalités de son émancipation.
Sa mise en œuvre suppose une loi constitutionnelle que le Gouvernement s’engage à préparer en vue de son adoption au Parlement.
La pleine reconnaissance de l’identité kanak conduit à préciser le statut coutumier et ses liens avec le statut civil des personnes de droit commun, à prévoir la place des structures coutumières dans les institutions, notamment par l’établissement d’un Sénat coutumier, à protéger et valoriser le patrimoine culturel kanak, à mettre en place de nouveaux mécanismes juridiques et financiers pour répondre aux demandes exprimées au titre du lien à la terre, tout en favorisant sa mise en valeur, et à adopter des symboles identitaires exprimant la place essentielle de l’identité kanak du pays dans la communauté de destin acceptée.
Les institutions de la Nouvelle-Calédonie traduiront la nouvelle étape vers la souveraineté : certaines des délibérations du Congrès du territoire auront valeur législative et un Exécutif élu les préparera et les mettra en œuvre.
Au cours de cette période, des signes seront donnés de la reconnaissance progressive d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, celle-ci devant traduire la communauté de destin choisie et pouvant se transformer, après la fin de la période, en nationalité, s’il en était décidé ainsi.
Le corps électoral pour les élections aux assemblées locales propres à la Nouvelle-Calédonie sera restreint aux personnes établies depuis une certaine durée.
Afin de tenir compte de l’étroitesse du marché du travail, des dispositions seront définies pour favoriser l’accès à l’emploi local des personnes durablement établies en Nouvelle-Calédonie.
Le partage des compétences entre l’Etat et la Nouvelle-Calédonie signifiera la souveraineté partagée. Il sera progressif. Des compétences seront transférées dès la mise en œuvre de la nouvelle organisation. D’autres le seront selon un calendrier défini, modulable par le Congrès, selon le principe d’auto-organisation. Les compétences transférées ne pourront revenir à l’Etat, ce qui traduira le principe d’irréversibilité de cette organisation.
La Nouvelle-Calédonie bénéficiera pendant toute la durée de mise en œuvre de la nouvelle organisation de l’aide de l’Etat, en termes d’assistance technique et de formation et des financements nécessaires, pour l’exercice des compétences transférées et pour le développement économique et social.
Les engagements seront inscrits dans des programmes pluriannuels. La Nouvelle-Calédonie prendra part au capital ou au fonctionnement des principaux outils du développement dans lesquels l’Etat est partie prenante.
Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées.
Leur approbation équivaudrait à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.
Dimanche Prochain (Document d’Orientation): 1. L’identité kanak








(7 vote(s), moyenne: 8,43 sur 10)









août 23rd, 2009 at 8:48
Merci pour ton vote (202.87….etc…) on voit tout de suite ton implication dans l’Accord de Nouméa :-) Merci quand même. Pour ceux qui ne comprennent pas ce com. n’allez pas chercher plus loin, c’est juste une reflexion personnelle
août 23rd, 2009 at 8:51
Voilà en tout cas ce que dit un signataire de l’Accord de Nouméa 11 ans après, je parle bien sur de Rock Wamytan
Article du MONDE (La leçon de « lutte » de Rock Wamytan aux jeunes)
http://www.lemonde.fr/societe/....._3224.html
août 23rd, 2009 at 11:08
Merci Franck pour ce petit rappel qui ne fait pas de mal
je propose une lecture personnelle du passage
« Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées. »
il est donc possible que le referendum d’autedetermination soit fait par Provinces?
plus ça va, et plus cette idée me plaît.
août 23rd, 2009 at 11:17
Ton raisonnement tient debout… Comme quoi un seul mot peut avoir une importance capitale dans un texte. Ca voudrait dire, une caledonie du Nord, des Iles et du Sud comme en Coréé ?
août 23rd, 2009 at 11:36
Quelques Reflexions sur Facebook par rapport au sujet:
C.B
Merci franck maintenant je vais lire ce préambule ligne par ligne. Cest une excellente initiative de ta part et suivre le reste dimanche prochain merci encore
L.L
oui premi… Lire la suiteère question…. Intégration pour qui ? pour ceux qui vivent ici depuis des millénaires ou ceux qui viennent d’arriver même chargés de très bonnes intentions ? Ne serait ce pas déjà aux chefs « locaux » (ce n’est pas du tout péjoratif) de tenter d’expliquer ce qu’est le temps post colonial, plutôt que comme tout chef d’état de style africain, de se servir sur le gâteau, et de faire son Ponce Pilate en s’en lavant les mainsensuite ? Car le problème avant tout, est bien là… Assiste ton a une réelle volonté des hommes politiques kanaks d’expliquer à leurs populations ce qu’est une politique d’accompagnement, d’intégration, d’éducation, bref un réel désir de communiquer sur le sort de la Nouvelle Calédonie, qui ne pourra éviter de rentrer dans une société économique de consommation à l’échelle mondiale..? Alors, en clair préfère t on payer des bières pour faire la révolution, ou bien des meeting pour expliquer ?
Y.N
réponde type du zoreils lambda!
L.L
Non Yoan, j’ai raccourci ma r… Lire la suiteéponse parce qu’on ne peut âs en écrire beaucoup sur les commentaires FB. En pensant ça de moi tu te méprends, car j’ai passé la moitié de va vie a travers le monde a justement partager mon savoir et apporter mes modestes compétences au services des peuples autochtones, et je peux te dire qu’assurément le bilan est le même partout y compris dans les pays européens ou occidentaux… tu as des chefs qui se servent le gâteau tout en oublint bien leurs concitoyens…
Alors il y a le respects des cultures des traditions qu’il faut absolument préserver, mais vous êtes aussi, et vous ne pouvez pas le nier, confronter à un monde qui bouge autour de vous, avec ses contraintes d’ordre modiales, son économie et ses lois qui peuvent vous paraître parfois agressives, et vous devez les appréhender en ayant accès à la connaissance. Parle en avec le Vanuatu par exemple…
Y.N
tu connais le vanuatu pour en faire la comparaison?
tu as beau avoir fais le tour du monde tu es toujours le sh… Lire la suiteéma de pensée de ce que tu es. Tu te méprends en jugeant sur celui ci nos valeurs et nos façons d’apréhender notre environement et notre espace. Garde tes idées préconçues pour toi et ton entourage mais ne viens pas precher la bonne parole en kanaky.
Apprends de nous et de notre culture ou rentre chez toi, je vois pas d’autres alternatives.
Come on dit chez nous, quand on rentre chez quelqu’un on s’humilie et on fait la coutume.
L.M
« Le moment est venu de reconna… Lire la suiteître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière. »
Tout est dit, l’histoire est passée mais elle reste en mémoire. Les injustices ont eu lieu de part et d’autre. Mais au contraire des autres colonies françaises, les souffrances des bagnards et celles des travailleurs asiatiques ou wallisiennes rejoignent les souffrances des kanaks.
C’ est cette souffrance partagée qui doit permettre le destin en commun, non dans la rancune mais dans l’ espérance.
L.L
Mais qui es tu pour avoir si peu d’ouverture d’esprit ? Qui te dis que je n’ai pas fait la coutume, tu penses que tu vies sur une Terre ancestrale, et puisque c’est comme ça depuis des mill… Lire la suiteénaires, il n’y a pas de raison que ca change… Mais arretons de faire l’autruche, regarde autour de toi, le monde bouge que tu le veuilles ou non… regarde toujours dans le Pacifique, les iles de Tuvalu, qui lors des grandes marées ont plus de 70% de ses terres qui sont sous l’eau, et pourtant eux n’y sont pour rien, alors je veux bien tout ce que tu veux et toute ta haine à notre égard, mais apprends aussi une valeur que Tes anciens ont du t’apprendre aussi, c’est la fraternité … Sur ce bon dimanche Yoan
Y.N
ludovic moi je suis kanak et tu es dans mon pays. Ton pays c’est la france et je suis dans ton pays actuellement.
Ta façon de voir les choses se résume pour moi au point de vue d’un ressortissant français.
Alors si pour toi c’est de la haine, fais toi bonne figure à toi même. Tu ne rassures que ton égo.
Mes anciens ne m’ont pas appris la fraternité mais l’hospitalité et le respect. Donnes des leçons de vie à tes compatriotes qui viennent en masse et nous déséquilibres.
A SUIVRE…
août 23rd, 2009 at 12:25
Bonjour Franck
« La Nouvelle-Calédonie bénéficiera pendant toute la durée de mise en œuvre de la nouvelle organisation de l’aide de l’Etat, en termes d’assistance technique et de formation et des financements nécessaires, pour l’exercice des compétences transférées et pour le développement économique et social.
Les engagements seront inscrits dans des programmes pluriannuels. La Nouvelle-Calédonie prendra part au capital ou au fonctionnement des principaux outils du développement dans lesquels l’Etat est partie prenante. »
Est-ce que par hasard tu aurais des références sur ses programmes pluri-annuels ?
août 23rd, 2009 at 12:27
#5
édifiant
la phrase que notre ami Yoan n’arrive pas à lire
« Les communautés qui vivent sur le territoire ont acquis par leur participation à l’édification de la Nouvelle-Calédonie une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement ».
en français dans le texte
il n’y pas de légimité que de « droit du sol » comme LKU essaye de le faire croire à tout le monde.
août 23rd, 2009 at 12:32
#4
pourquoi pas?
Mais qu’est-ce qui dit que la province Nord votera pour obtenir les compétences régaliennes? pas si sur.
et si leur choix était au final l’indépendance, ils ne pourront que bénéficier du développement économique de la province Sud, comme le Vanuatu bénéficie du niveau de vie élevé de la NC sa voisine riche.
ça impliquerait la mise en place de frontières certes, mais ça laisserait une chance à la province nord et/ou iles de nous démontrer ce que G Thuyenon affirmait l’autre soir « on peut très bien se débrouiller tout seul ».
chiche.
août 23rd, 2009 at 12:38
Article peut etre deja lu par certains – Le Monde – La lecon de lutte de Rock Wamytan à la jeunesse…
Mr Wamytan, tout sourrir sur cette photo lors de la signature des accords.
http://www.lemonde.fr/societe/.....r=RSS-3224
Ca fait froid ds le dos…serieux, ou va t on aprés un discours comme celui là?…
août 23rd, 2009 at 12:48
Bonjour,
Je pense que tant que les accords sont « tabou » c’est que les calédoniens ne sont pas prêts à débattre sur la question fondamentale: l’émancipation.
Les indépendantistes ont accepté de reculer le référendum, non par peur de perdre (ce qu’on obtient pas par les urnes on l’obtient par la force. comme nous l’a rappelé Tardy) car ils se savaient pas encore prêts à assumer un pouvoir stable et prolifique pour tous.
Les loyalistes, eux, se savent mis en danger par une exploitation médiatique des violences qui suivraient un référendum. Ce tapage ferait basculer la masse bécasse franchouillarde en faveur de l’indépendance et nous aurions alors droit à un magistral: « Français je vous ai compris! » qui à précédé l’indépendance de l’Algérie.
Laissons vivre le tabou. Il donne à chacun le temps de réfléchir aux prochains accords de Koné ou de l’îlot canard?
août 23rd, 2009 at 12:55
Le problème c’est que dans un accord, il faut être deux. Avec l’article du Monde ci-dessus, on voit bien que wamytan a déjà renié sa signature et qu’il n’a plus aucune légitimité à s’exprimer sur cet accord ni sur un éventuel destin commun.
Tant que le leadership du flnks ne sera pas réglé on sera dans cette situation. On a un leader pro adn qui est néaoutyne et un ensemble de partis et personnages allant de wamytan à l’ustke passant par mapou et … devillers qui eux sont en train de mettre cet accord en péril pour des questions de pouvoir.
août 23rd, 2009 at 13:25
sorry Frank pour le doublon pour l article le Monde(#2). J etais tellement agacé aprés lecture de cet article, que j ai balancé ss rien lire d autre. D accord avec Coco. L accord est en péril à cause de certaines personnes. Je pense à mr RW, qui semble avoir oublié avoir signer quoi que ce soit en 98…
août 23rd, 2009 at 14:41
Il est stipulé à la fin de l’accord de Nouméa, que même si les résultats du référendum sont différents d’une province à l’autre, il sera interdit de procéder à la partition du pays, ceci étant constitutionnellement garanti.
Les contrats pluriannuels avec l’état sont les contrats de plan.
août 23rd, 2009 at 15:07
#13
Merci Rigoberto pour l’information
pas de partition du pays possible donc
août 23rd, 2009 at 15:15
Seule posibilité un état fédéral avec plus au moins de compétence pour les provinces.
Les provinces pouvant éventuellement chacune gérer leurs interdépendances.
août 23rd, 2009 at 18:32
« Il est stipulé à la fin de l’accord de Nouméa, que même si les résultats du référendum sont différents d’une province à l’autre, il sera interdit de procéder à la partition du pays, ceci étant constitutionnellement garanti. »
D’accord Rigoberto, sauf qu’ils omettent une chose, passer 2018 les Accords de Nouméa ne s’appliqueront plus, donc le sud pourrait « légitimement » se séparer du reste du pays à cette date sans que n’importe qui est son mot à dire^^
août 23rd, 2009 at 18:50
« passer 2018 les Accords de Nouméa ne s’appliqueront plus, donc le sud pourrait « légitimement » se séparer du reste du pays à cette date sans que n’importe qui est son mot à dire^^ »
ben non, parce que si les accords de Nouméa disparaissent, je crois que la Constitution française dont il semble qu’ils fassent partie continuera elle à s’appliquer…bref, ce serait retour à la case départ ???
août 23rd, 2009 at 19:05
Quid des ADN ???
En ce qui me concerne, je considère, comme je l’ai toujours fait, qu’il n’y a pas deux lectures et donc deux interprétations de ces Accords, mais bien une écriture et une lecture… C’est juste que la compréhension des mots n’est pas la même pour tous… !!!
Il n’empêche qu’aujourd’hui, certains s’en éloignent de plus en plus, comme le PT/USTKE… Et depuis peut une parti de l’UC.
Pourquoi ???
Et bien tout simplement parce que dix ans après la signature des ADN et au regard des derniers résultat des provinciales, l’IKS est bien morte !!!
Les proportion sont simples : 60% contre – 40% pour !!!
En effet, même si personne ne l’a claironné sur tous les toits, l’acceptation des ADN revenait à valider la fin définitive des deux revendications. Soit, la Calédonie Française de grand papa, mais aussi l’Indépendance Kanak et Socialiste… !!!
Hors, après avoir promis tant de choses à leurs troupes, les indépendantistes de l’extrême sont bien conscient, « que le nouveau monde qui est en marche », n’est pas celui qui à été annoncé depuis toutes ces années…
Donc le meilleur moyen d’inverser la tendance c’est bien de se remettre en lutte, afin d’inverser le cour de l’histoire…
Et comment faire ??? Très simplement en mettant le feu aux poudres !!!
En effet, en créant une certaine psychose les ultra pensent pouvoir faire suffisamment peur à une grande partie de la population qui pourrait quitter le Pays et du coup faire pencher la balance dans l’autre sens.
Une des méthodes du PT/USTKE est de faire accélérer les transferts de compétences le plus vite possible et dans le plus grand désordre histoire de mettre une telle pagaille, que le Pays serait impossible à gérer et du coup pourrait se vider des non indépendantistes…
Il y a aussi les procédés actuels avec les grèves et blocages sans rapport direct avec le problème initiale… Toutes options pouvant décourager et fatiguer les gens pour qu’ils baisent les bras et s’en aillent sont et seront employés dorénavant…
Alors oui, l’USTKE, le PT et un certain nombre d’indépendantiste se réveillent un peu tard, mais se réveillent tout de même. Donc il faut absolument être vigilant et faire barrage à l’extrémisme d’où qu’il vienne…
Voilà ma contribution à ta causerie du dimanche sur les ADN Franck…
août 23rd, 2009 at 19:07
Hein? Si l’on est indépendant, la Constitution Française n’a plus son mot à dire elynluna… Ca fait plus ou moins partie des pouvoirs régaliens (transférés dans un cas comme celui-ci).
août 23rd, 2009 at 19:25
C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane
A l’Italie
Il y a du linge étendu sur la terrasse
Et c’est joli
On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années
Et toujours en été.
Il y a plein d’enfants qui se roulent sur la pelouse
Il y a plein de chiens
Il y a même un chat, une tortue, des poissons rouges
Il ne manque rien
On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années
Et toujours en été.
Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre
On le sait bien
On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c’est le destin
Tant pis pour le Sud
C’était pourtant bien
On aurait pu vivre
Plus d’un million d’années
Et toujours en été.
Nino Ferrer
août 23rd, 2009 at 19:27
Je viens de suivre temps de parole sur TNC ce soir et franchement je trouve que Mme Bringuier outrepasse largement ses fonctions de porte parole improvisée du collectif citoyen… J’ai été fier de marcher pour le destin commun et le vivre ensemble le 12 août mais aujourd’hui je ne suis pas retrouvé dans ses paroles. Une fois de plus un grand sentiment de trahison domine chez mes pauvres neurones défaillants !
août 23rd, 2009 at 19:49
@mat
pour l’instant, l’issue des accords de Nouméa prévoit l’accession à la souveraineté d’un seul Etat, pas de plusieurs…les pouvoirs régaliens seront transférés aux autorités de cet Etat….après, effectivement, si vous êtes indépendants, libre à vous de vous séparer en plusieurs Etats qui devront être délimités géographiquement, avec leurs propres institutions. Si vous voulez faire cela démocratiquement, il faudra repasser par un référendum. Ces Etats devront en outre obtenir chacun leur reconnaissance sur un plan international (ce qui à mon avis, est loin d’être gagné…).
En cas d’indépendance, la solution la plus plausible (et sûrement la plus souhaitable pour les relations internationales) est donc celle mentionnée par Rigoberto : un Etat fédéral.
août 23rd, 2009 at 20:19
Oui mais comme le dit si bien eric, pour le moment et compte tenu des forces en présence c’est au mieux 40 % en faveur de l’iks et 60 % contre. Et il est même fort possible que les récents évènements aient encore renforcé cette tendance.
août 23rd, 2009 at 20:48
Non, non et non, la NC est une et indivisible… Voici le texte et pas le préambule, qui explique très clairement la procédure.
Comme je le disais plus haut, une foi de plus l’écriture et la lecture sont très précises…
Elynluna : je suis désolé, mais je pense que tu n’as pas bien saisi qu’il y a une variante possible et finalement très probable qui consiste à la fin des transfert des compétences, d’en rester là. C’est à dire que nous serions toujours Français, mais globalement « indépendant » ou « non-dépendant » pour l’ensemble des compétences mise à part les cinq points régaliens…
Et le destin commun c’est à mon sens çà !!!
Ni la France, ni l’Indépendance, mais l’un et l’autre à la foi…
Mais vous avez la procédure dans le point 5 des ADN, que je vous offre ci-dessous :
5 – L’évolution de l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie :
Au cours du quatrième mandat (de cinq ans) du Congrès, une consultation
électorale sera organisée. La date de cette consultation sera déterminée par le
Congrès, au cours de ce mandat, à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.
Si le Congrès n’a pas fixé cette date avant la fin de l’avant-dernière année de
ce quatrième mandat, la consultation sera organisée, à une date fixée par l’Etat,
dans la dernière année du mandat.
La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des
compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine
responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité.
Si la réponse des électeurs à ces propositions est négative, le tiers des membres
du Congrès pourra provoquer l’organisation d’une nouvelle consultation qui
interviendra dans la deuxième année suivant la première consultation. Si la
réponse est à nouveau négative, une nouvelle consultation pourra être
organisée selon la même procédure et dans les mêmes délais. Si la réponse est
encore négative, les partenaires politiques se réuniront pour examiner la
situation ainsi créée.
Tant que les consultations n’auront pas abouti à la nouvelle organisation
politique proposée, l’organisation politique mise en place par l’accord de 1998
restera en vigueur, à son dernier stade d’évolution, sans possibilité de retour en
arrière, cette « irréversibilité » étant constitutionnellement garantie.
Le résultat de cette consultation s’appliquera globalement pour l’ensemble de
la Nouvelle-Calédonie. Une partie de la Nouvelle-Calédonie ne pourra accéder
seule à la pleine souveraineté, ou conserver seule des liens différents avec la
France, au motif que les résultats de la consultation électorale y auraient été
différents du résultat global.
L’Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de
cette période, d’une complète émancipation.
août 23rd, 2009 at 21:06
Bonne initiative Franck : si le préambule traduit parfaitement l’accord conclu, il reste hélas encore méconnu du plus grand nombre.
Je suis allé à la FOL mardi : j’ai trouvé la présentation très claire, tout comme les réponses données aux questions posées par le public.
Je t’y ai vu ! Vas-tu présenter une synthèse de ces questions-réponses ? Les explications de Jean-Yves Faberon éclaireraient tous ceux qui s’intéressent un peu à la question…
août 23rd, 2009 at 21:35
@Eric,
Merci de cette précision. Je n’avais pas vu les dispositions relatives à l’irréversibilité.
août 23rd, 2009 at 22:19
Elynluna, c’est un peu le problème que nous avons souvent… Des discussions sur des sujets, alors que les réponses existes. C’est d’ailleurs une bonne chose que la LDH est présenté cette soirée, même si je n’adhère pas à toutes les interprétations et commentaires ???
A plus pour d’autres causeries !
août 23rd, 2009 at 22:35
TARDY # 20
Nino Ferre, avait gardé une certaine nostalgie de la nouvelle-Calédonie !
août 23rd, 2009 at 22:37
@Eric
ben, en même temps c’est normal qu’il y ait des discussions vu qu’il a plusieurs interprétations possible…bon, pour ce qui me concerne, je ne me hasarderai plus à un commentaire sur les nuances subtiles (ou les interprétations subtilement orientées ;-)) de cet accord.
y’a un compte rendu de la soirée de la LDH dont tu parles ?
août 23rd, 2009 at 23:54
L’accord de Nouméa ne permet pas la partition du pays en un Etat indépendant et un territoire français.
Par contre, la partition en deux (ou plus) Etats indépendants est légalement possible.
Entre la souveraineté française et une partition pure et dure (Inde/Pakistan), il existe des interdépendances qui vont de la simple union douanière et de circulation à la confédération ou la fédération.
Dans le Pacifique, l’ancienne colonie britannique des îles Gilbert et Ellice est devenue la République de Kiribati et le Royaume de Tuvalu (avec Elizabeth II comme monarque).
août 24th, 2009 at 7:48
Y’avait quoi à la FOL mardi ?
Pourquoi que je suis pas au courant ?
Pourquoi personne m’aime ?
Pourquoi ?
(Nannnn je rigole, c’était juste histoire de m’inscrire… Sauf pour la première question… hein Nico ?)
août 24th, 2009 at 10:20
Les communautés qui vivent sur le territoire ont acquis par leur participation à l’édification de la Nouvelle-Calédonie une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement. Elles sont indispensables à son équilibre social et au fonctionnement de son économie et de ses institutions sociales.
Si l’accession des kanak aux responsabilités demeure insuffisante et doit être accrue par des mesures volontaristes, il n’en reste pas moins que la participation des autres communautés à la vie du territoire lui est essentielle.
Les accords de Matignon signés en juin 1988 ont manifesté la volonté des habitants de Nouvelle-Calédonie de tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble des pages de paix, de solidarité et de prospérité.
Afin de tenir compte de l’étroitesse du marché du travail, des dispositions seront définies pour favoriser l’accès à l’emploi local des personnes durablement établies en Nouvelle-Calédonie.
Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.
avec ces extraits, on voit très clairement que:
- Emploi lôcal n’est pas emploi Kanaque,
- Que le mot PAIX est inscrit et est indiscociable des ADN,
- que l’on reconnait la nécessité du mélange ethnique,
- que l’on parle de destin COMMUN (Exit l’Indépendance Kanaque)
C’est pour moi une nécessité que de souligner ces points et ce à l’égard de Yoan, Ikarios, Bwee, l’Environnement…
Et TOUS les responsables politiques quelle que soit leur volonté, tenez vous en aux ADN.
Charge aux dirigeants et au peuple Kalédonien de faire prospérer le pays.
Car si des minorités veules Indépendance, ouMaintien de la France, une chose est sûre on a tout à construire, et il faut savoir prendre le temps et le faire intelligemment.
août 24th, 2009 at 15:36
Heu !!! Purumu, tu fumes quoi ???
C’est clairement dit dans l’article 5 que tu peux un petit peu plus haut… Pas de partition ?????
C’est pas possible de lire des choses pareilles ???
Allez tata bisous
août 28th, 2009 at 20:09
REFLEXIONS SUR LE PREAMBULE DE L’ACCORD DE NOUMEA
Ecrit et publié le 24 août 2009
Bravo Franck pour cette idée et sa mise en place.
C’est bien en partant de la connaissance et de la reconnaissance de l’existant que peut naître une saine réflexion sur l’Avenir. Avenir qui se fera indéniablement dans la Paix. Il nous reste à choisir le chemin. C’est ce choix qui déterminera le temps que nous mettrons pour y arriver.
Préambule
Habitant une région de montagne, aujourd’hui, je me permettrai d’utiliser un langage montagnard.
La Nouvelle Calédonie, comme beaucoup d’autres pays, doit gravir la montagne de la Paix.
Pour se faire, elle doit ouvrir une nouvelle voie.
Sa nouvelle voie.
Gravir une montagne par une nouvelle voie implique de créer un camp de base. Un camp de base est un endroit où l’on peut se reposer en Paix dans la sécurité avant de partir à la conquête du sommet.
Ce camp est ancré à la montagne sur les réalités du terrain et les objectifs à réaliser. Pas de place pour les croyances, que du concret.
Au fur et à mesure de notre progression, nous mettons en place des camps avancés. Ces camps avancés servent au repos dans la progression, à l’analyse de l’environnement et à s’assurer de la cohésion de la cordée (l’équipe). Lorsqu’il y a un problème qui touche les fondements de la mission, on redescend au camp de base. Non pour arrêter mais pour prendre le temps de la réflexion afin de mieux repartir. Le camp de base est intangible car ancré à des réalités Humaines et environnementales.
Pour qu’il y ait Paix, il faut que l’économie ne lèse aucun groupe de personnes.
Lorsque l’on peut subvenir à ses besoins, que l’on a un toit et que l’on a un Avenir on ne va pas sur les champs de bataille.
Un internaute réagit négativement à mes articles car il n’y voit pas la reprise des schémas de pensée actuels. Ce n’est pas parce que je pense qu’il ne faut pas utiliser les schémas usités que je pense qu’il faut les rejeter.
Au contraire, ils doivent être l’humus des créations futures.
Par contre, les reprendre systématiquement et en faire une ligne de conduite idéologique c’est ce condamner à répéter les erreurs passées.
Ce qui est écrit :
Il faudra un minimum de foi en cet accord pour qu’il s’applique car malheureusement, rien ne nous garantit qu’il fonctionnera…
Ma réponse :
Comment ne pas avoir foi en un accord signé ? Un accord fonctionne forcément si les deux parties ont eu la même compréhension de ses termes (sauf cas de mauvaise foi). S’il y a eu une mauvaise compréhension, il faut solidifier l’accord (ré ancrer le camp de base).
Dans le cas de la Nouvelle-Calédonie, le camp de base est déjà construit et même consolidé. Cet état de fait est rappelé par Jean-François Merle, ancien conseiller technique chargé de l’outre-Mer au cabinet de Michel Rocard, dans Le Monde du 21 août 2009.
Ce qui est écrit :
1. La Grande Terre et les îles étaient habitées par des hommes et des femmes qui ont été dénommés kanak.
Ils avaient développé une civilisation propre, avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique. Leur culture et leur imaginaire s’exprimaient dans diverses formes de création.
Ma réponse :
Leur culture est sociologique et politique. L’économique et le financier n’y figure pas. Aujourd’hui, leur revendication principale n’est-elle pas de demander que l’on respecte leurs coutumes sociologique et politique ? Dans ce paragraphe, il est fait mention d’une CIVILISATION. Quoi de plus fort que ce terme ? Pourquoi vouloir aller contre une CIVILISATION ?
Pour rappel, civiliser, d’après Le dictionnaire Robert c’est faire passer une collectivité à un état SOCIAL plus évolué. Civilisation c’est l’ensemble des caractères communs aux vastes sociétés les plus évoluées.
Ce qui est écrit :
L’identité kanak était fondée sur un lien particulier à la terre.
Ma réponse :
Pour la majorité des Européens (comme d’autres) l’identité est basée sur l’économique et le financier.
Comme je l’ai indiqué dans mes écrits « La crise que nous venons de connaître est là pour nous rappeler que lorsque ce n’est plus l’Homme qui fait l’économie et la finance, mais la finance qui fabrique l’économie en utilisant parfois l’Homme, l’Avenir ne sera fait que de violence »
Aujourd’hui, nous existons non pour ce que l’on est mais pour ce que l’on a. Notre identité est économique et financière. C’est l’ère du paraître sur l’Etre.
Comment dans ce cas ne pas heurter la civilisation Kanak.
Par contre, je m’empresse de rajouter que toute civilisation doit tenir compte de la réalité pour assurer son développement. Ce dernier passe inévitablement par l’économique et le financier.
Ce qui est écrit :
Chaque individu, chaque clan se définissait par un rapport spécifique avec une vallée, une colline, la mer, une embouchure de rivière, et gardait la mémoire de l’accueil d’autres familles. Les noms que la tradition donnait à chaque élément du paysage, les tabous marquant certains d’entre eux, les chemins coutumiers structuraient l’espace et les échanges.
Ma réponse :
Les chemins coutumiers imposaient une règle comportementale générale. Ils étaient, avec leurs points forts et leurs points faibles, un élément structurant. En ce qui nous concerne, il n’y a plus d’ élément structurant. Même le juridique résiste difficilement (hormis le Conseil d’Etat).
Ce qui est écrit :
2. La colonisation de la Nouvelle-Calédonie s’est inscrite dans un vaste mouvement historique où les pays d’Europe ont imposé leur domination au reste du monde.
Ma réponse :
Cette reconnaissance de l’élément « imposé et domination » devrait, aujourd’hui, être garante du respect des coutumes sociologique et politique. A contrario, c’est de nouveau l’inverse. Au titre « d’on ne peut faire autrement » l’on continue à imposer les règles qui entourent l’économique et le financier. Règles que l’on sait (dirigeants et population) intenables dans l’Avenir. Où est la logique ? Et si c’était la peur de devoir changer ?
Ce qui est écrit :
Des hommes et des femmes sont venus en grand nombre, aux xixe et xxe siècles, convaincus d’apporter le progrès, animés par leur foi religieuse, venus contre leur gré ou cherchant une seconde chance en Nouvelle-Calédonie. Ils se sont installés et y ont fait souche. Ils ont apporté avec eux leurs idéaux, leurs connaissances, leurs espoirs, leurs ambitions, leurs illusions et leurs contradictions.
Ma réponse :
N’est-ce pas ce qui se produit aujourd’hui ?
Ce qui est écrit :
Parmi eux certains, notamment des hommes de culture, des prêtres ou des pasteurs, des médecins et des ingénieurs, des administrateurs, des militaires, des responsables politiques ont porté sur le peuple d’origine un regard différent, marqué par une plus grande compréhension ou une réelle compassion.
Ma réponse :
En enlevant le terme compassion et en se posant la question de la compréhension, n’est-ce pas ce qui se produit aujourd’hui ?
Ce qui est écrit :
Les nouvelles populations sur le territoire ont participé, dans des conditions souvent difficiles, en apportant des connaissances scientifiques et techniques, à la mise en valeur minière ou agricole et, avec l’aide de l’Etat, à l’aménagement de la Nouvelle-Calédonie. Leur détermination et leur inventivité ont permis une mise en valeur et jeté les bases du développement.
Ma réponse :
N’est-ce pas ce qui se produit aujourd’hui ?
N’est-ce pas là aussi qu’il y a des abus et du détournement de richesses ?
Ce qui est écrit :
La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations.
Ma réponse :
Le camp de base est là pour éviter cela. Les accords doivent être appliqués.
Ce qui est écrit :
3. Des clans ont été privés de leur nom en même temps que de leur terre. Une importante colonisation foncière a entraîné des déplacements considérables de population, dans lesquels des clans kanak ont vu leurs moyens de subsistance réduits et leurs lieux de mémoire perdus. Cette dépossession a conduit à une perte des repères identitaires.
Ma réponse :
Et si certains luttaient encore pour cela ?
Ce qui est écrit :
L’organisation sociale kanak, même si elle a été reconnue dans ses principes, s’en est trouvée bouleversée. Les mouvements de population l’ont déstructurée, la méconnaissance ou des stratégies de pouvoir ont conduit trop souvent à nier les autorités légitimes et à mettre en place des autorités dépourvues de légitimité selon la coutume, ce qui a accentué le traumatisme identitaire.
Ma réponse :
Il est cité des stratégies de pouvoirs. N’est-ce pas ce qui se passe de nouveau aujourd’hui ? Les derniers rapports effectués laissent-ils des doutes sur ce sujet.
Voir l’article cité ci-dessus de Jean-François Merle.
Ce qui est écrit :
Les kanak ont été repoussés aux marges géographiques, économiques et politiques de leur propre pays, ce qui ne pouvait, chez un peuple fier et non dépourvu de traditions guerrières, que provoquer des révoltes, lesquelles ont suscité des répressions violentes, aggravant les ressentiments et les incompréhensions.
Ma réponse :
Repoussés aux marges géographiques, économiques et politiques n’est-ce pas encore le cas aujourd’hui ?
Ce qui est écrit :
La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. Des hommes et des femmes ont perdu dans cette confrontation leur vie ou leurs raisons de vivre. De grandes souffrances en sont résultées. Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun.
Ma réponse :
Ce paragraphe est important car il décrit « le camp de base » de l’ascension vers l’Avenir. Restitution de l’identité confisquée. Identité basée comme décrite ci-dessus « sur une civilisation propre, avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique. »
Le challenge actuel n’est-il pas d’intégrer à ces critères de Vie, une réalité économique et financière ?
Si nous acceptons le fait reconnu que la réalité économique et financière actuelle ne peut continuer d’exister telle qu’elle est, n’y a-t-il pas là un occasion unique de marier les forces de la culture et des coutumes Kanak avec nos connaissances de ce qui ne fonctionne pas dans le système économique et financier actuel ?
Ce qui est écrit :
4. La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps.
Ma réponse :
Le lien social existe. Seules les réalités économiques, politiques et financières le détruisent. Le lien social n’a rien d’étatique. Il est Humain. Cela dit, il est évident qu’il faut le structurer par le juridique.
Ce qui est écrit :
Les communautés qui vivent sur le territoire ont acquis par leur participation à l’édification de la Nouvelle-Calédonie une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement.
Elles sont indispensables à son équilibre social et au fonctionnement de son économie et de ses institutions sociales.
Ma réponse :
Cette affirmation est fausse. Elle contredit ce qui est dit plus haut. Elle cherche à justifier ce qui a été réalisé et ce qui est fait aujourd’hui. Cela dit, il est évident, qu’il faut, et cela au niveau mondial, favoriser les mélanges de cultures et d’expériences.
Pour rappel, un camps de base se doit être le plus solide et le plus viable à long terme. Pour cela, il doit être ancré solidement au terrain quelle que soit sa typologie. Inventer, mentir et ne pas tenir compte de la réalité et de l’histoire n’a pas de place dans un camp de base.
Il n’en demeure pas moins que la totalité de la population présente en Nouvelle Calédonie est une réalité. Réalité qui se doit de respecter la civilisation qui l’accueille.
Ce qui est écrit :
Il est aujourd’hui nécessaire de poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun.
Ma réponse :
Personnellement, je pense que le terme Avenir convient mieux. Le destin est « une « puissance » qui fixerait de façon irrévocable le cours des événements (définition du dictionnaire Robert) ». L’Avenir relève de nos choix. Ce sont nos choix et nos attitudes qui décideront de notre Avenir et non le destin. Le terme destin est une erreur. Le terme destin peut couvrir quantité de lâchetés et justifier la passivité. Il n’y a aucune place pour le destin. Il y a place pour le travail en commun dans la création de l’Avenir.
Ce qui est écrit :
La taille de la Nouvelle-Calédonie et ses équilibres économiques et sociaux ne permettent pas d’ouvrir largement le marché du travail et justifient des mesures de protection de l’emploi local.
Ma réponse :
C’est faux. Ce qui justifie l’emploi local relève des « droits de l’Homme » et des accords pris. L’Avenir de la Nouvelle-Calédonie passera par une ouverture du marché du travail et par une immigration. Ouverture (raisonnée et raisonnable) qui devra se faire en respectant les spécificités sociologiques et politiques du territoire. C’est-à-dire la CIVILISATION. Nier cela c’est cantonner volontairement l’évolution Humaine, économique et financière du territoire afin de préserver les intérêts de quelques-uns par un colonialisme économique et financier.
Ce qui est écrit :
Dix ans plus tard, il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté.
Ma réponse :
La pleine souveraineté faisant partie de toute évidence du futur, je me pose la question du pourquoi de l’absence de l’Europe dans ce document. La Nouvelle-Calédonie ne sera peut-être plus Française dans le futur, mais elle sera intégrée à une régionalisation mondiale. Sauf évolution (ou révolution) future, la Nouvelle- Calédonie est Européenne et Française.
Ce qui est écrit :
Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.
Ma réponse :
L’Avenir est posé sur le respect de la CIVILISATION Kanak. C’est bien sur ces bases sociologiques et politiques que doit s’appuyer l’évolution économique et financière.
Ce qui est écrit :
5. La pleine reconnaissance de l’identité kanak conduit à préciser le statut coutumier et ses liens avec le statut civil des personnes de droit commun, à prévoir la place des structures coutumières dans les institutions, notamment par l’établissement d’un Sénat coutumier, à protéger et valoriser le patrimoine culturel kanak, à mettre en place de nouveaux mécanismes juridiques et financiers pour répondre aux demandes exprimées au titre du lien à la terre, tout en favorisant sa mise en valeur, et à adopter des symboles identitaires exprimant la place essentielle de l’identité kanak du pays dans la communauté de destin acceptée.
Ma réponse :
« de nouveaux mécanismes juridiques et financiers » voici un des futurs créneaux de développement de la Nouvelle Calédonie. Voilà des secteurs qui peuvent asseoir des centres de recherche et d’application.
Ce qui est écrit :
La Nouvelle-Calédonie bénéficiera pendant toute la durée de mise en œuvre de la nouvelle organisation de l’aide de l’Etat, en termes d’assistance technique et de formation et des financements nécessaires, pour l’exercice des compétences transférées et pour le développement économique et social.
Ma réponse :
Le développement économique ne va pas de paire systématiquement avec le développement social. Bien au contraire. Il faut inverser en faveur d’un développement socio-économique.
Ce qui est écrit :
Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées.
Leur approbation équivaudrait à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.
Ma réponse :
Une réflexion d’ordre général concernant :
La nationalité : La Nationalité a servi à quoi dans le passé si ce n’est à faire des guerres ?
Le drapeau et les hymnes : Le drapeau sert à quoi si ce n’est à se reconnaître sur un champs de bataille ? Et les hymnes aux paroles guerrières ? En temps de Paix, ils servent à exciter des supporters et en temps de guerre à envoyer les citoyens à la boucherie quant ce n’est pas à la pratiquer eux-mêmes. Qui nous a sauvé, est-ce ceux qui ont choisi l’hymne ou ceux qui ont choisi le chant des partisans ?
En temps de guerre, est-ce plus un hymne ou un chant du partisan qu’il faut ?
Je vous rappelle que l’hymne de l’Europe est l’Ode à la joie. Il est vrai qu’en temps de Paix il est aisé de parler de citoyenneté, de courage, des guerres passées et de se servir des morts. La réalité n’est-elle pas dans le fait que dès qu’il a risque, il y a, pour la très grande majorité, collaboration, meurtre, vengeance, délation etc…. Et tout cela sous le couvert de l’hymne. Hymne pour qui j’ai le plus grand respect. Malheureusement, il sert parfois à l’inacceptable.
L’Europe : L’Europe a été créée sur le principe « Plus jamais ça ». Plus jamais de peuple aisément manipulable vers des idéologies nationalistes du fait de crise économique. Les camps de concentration humains ont toujours été précédés de « camps de concentration » économiques.
Les pays européens (pour ne parler que d’eux) ont perdu, pour certain, le droit d’être autonome dans leur décision et pour d’autres ont comme intérêt de se protéger au sein de l’Europe. Je n’ai pas à juger le passé et je ne le fais pas. La seule chose que je sais c’est que l’Avenir sera fait sur la Paix et le respect Humain. Les bases actuelles de l’économique et du financier ne vont pas de ce sens. La CIVILISATION est là pour nous montrer le chemin. La politique est là pour baliser ce chemin et éviter les excès.
La Paix : La Paix dépend de l’économie qui elle-même relève de la sociologie financière. Le principal rôle de l’Etat est de travailler la sociologie afin qu’aucun citoyen ne soit en dehors de l’évolution. Comme déjà indiqué, un peuple qui a de quoi se nourrir, se loger et qui sait qu’il est acteur de son Avenir ne va pas sur les champs de bataille. Cela qu’elles que soient ses croyances ou son histoire.
Nationalité : Qui est le meilleur Français ou le meilleur Belge ? Est-ce le collabo ? Ou est-ce l’étranger (Marocain, Algérien, Sénégalais, Zaïrois …) qui est venu se faire tuer en France, la France ou en Belgique, pour la Belgique ?
En dehors du juridique, qui fait le véritable citoyen ? Les papiers ou le comportement ?
Ayons comme racines, notre culture et notre civilisation ; ayons comme nationalité, citoyen Européen et citoyen du Monde.
Que l’on ait le droit de vote ou non, s’il y a respect mutuel, les votes iront dans le sens de la communauté. S’il y absence de respect, ce n’est pas les votes qui changeront l’état insurrectionnel. Ce raisonnement est certainement simpliste mais dans certains cas, il est utile.
L’important est d’être européen et de voter en tant qu’européen. La France n’est-elle pas européenne ?
N’oublions jamais tout cela et perdons l’habitude de nous réfugier derrière l’Etat et ses représentations (hymne et drapeau).
Si nous sommes lâches, l’Etat sera lâche ; si nous sommes entreprenants, l’Etat sera entreprenant…
L’Etat est ce que nous en faisons. Pas de place pour le destin.
Place pour NOS RESPONSABILITES.
Amitiés
Christian Piré
octobre 11th, 2009 at 18:43
Bonsoir
Il ne semble pas que tout le monde ai lu ces ADN.
Ou (pour les concernés) avez vous lu qu’il s’agissait d’un Référendum d’auto-détermination ?
Il est question de tout autre chose : CONSULTATION.
Concernant un « découpage » (zone française et partie nord indépendante), de quelle analyse, ou plutôt, de quel texte sortez vous cela ?
Sérieusement, avez vous vraiment lu ces ADN ?
D’autre part, tout le monde sait (sinon, c’est une lacune), que seuls (pour faire simple) ne seront consultés que les français majeurs suivants :
1/ natifs du territoire
2/ les métropolitains ayant atteint 20 années de présence continue sur le territoire en 2013.
Donc, sur une population de 240 à 250.000 personnes, vous pensez que cela représente combien de personnes, selon vous ?? Très peu, et encore moins que ce qu’ils croient vis à vis des métros
Voili, voilou
SVP, lisez bien avant de commenter; merci
perrototo