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Requins massacrés à la Roche Percée

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  • Publie par FranckFranck Aucun Commentaire Comments
    Derniere Mise a Jour: 27 juillet 2008

    Rappel des faits sur le blog de Joël Paul (que je vous conseille de consulter)

    requin

    Une plainte pour « dépotoir sauvage » a été déposée par l’association BWÄRÄ TORTUES MARINES.

    Découverts par des enfants en bordure de route, les restes de 3 requins (1 requin tigre de 3 mètres et 2 requins citrons de 2 mètres) ont été jetés à l’entrée de la Roche Percée.  Probablement pêchés la nuit, dépecés au petit matin, les pêcheurs peu scrupuleux ont rejetés les restes à proximité de l’arrêt du ramassage scolaire ! Massacre de femelles requins, avec leurs petits dans le ventre, rejetés en un dépôt d’ordure sauvage avec grandes nuisances ( odeurs, rats, … ), voilà un comportement loin d’être celui auquel nous aspirons à la veille du classement du récif au patrimoine de l’Humanité ! Quel exemple pour les enfants !

    Les membres et amis de l’association BWARA TORTUES MARINES et les habitants de la Roche Percée sont scandalisés par cet acte irresponsable et nous tirons aussi la sonnette d’alarme sur le fait que les requins sont menacés de disparition.  Après avoir contacté Mr Eric CLUA, docteur en écologie marine et spécialiste des requins, basé à Nouméa; il confirme et précise :

    - « Que les requins ont un mode de reproduction très lent, à l’exemple du requin tigre qui porte ses petits de 13 à 16 mois; lorsqu’un individu disparait de son secteur il met 20 ans à être remplacé. Un requin tigre n’atteint sa maturité sexuelle qu’à l’âge de 10 ans et met 30 ans pour atteindre la taille de 4 mètres.


    - « Qu’il faudrait arriver à effacer des esprits le film irresponsable les dents de la mer car le requin serait responsable seulement 10 à 25 morts par an (2 en 2005 ! !) Dans le monde contre combien de morts sur les routes de Nouvelle-Calédonie sur cette même période ? « 


    - « Que le requin est certes un prédateur mais aussi un éboueur des mers qui joue un rôle majeur dans la stabilité des écosystèmes marins. (Régulation des populations sélection naturelle…) Ce qui veut dire en clair que si les requins venaient à disparaître certaines espèces de poissons se développeraient massivement tandis que beaucoup d’autres espèces disparaîtraient à jamais ».

    - « Que des chercheurs anglo-saxons ont simulé (grâce à un logiciel intégrant le fonctionnement d’un écosystème corallien) les effets de la disparition du requin tigre (Galeocerdo cuvier) des côtes hawaïennes2. Si les premiers effets semblent logiques, à savoir par exemple l’augmentation du nombre de tortues qui constituent des proies pour ce super-prédateur, des effets paradoxaux inattendus sont apparus, notamment l’effondrement des populations de carangues et de bonites. Ce contrecoup s’explique par le fait que les proies majoritaires des requins tigres sont les oiseaux marins. Ainsi, la disparition des squales entraîne-t-elle une explosion démographique des puffins (pétrels) qui eux-mêmes se nourrissent des alevins de carangues et bonites, faisant diminuer de façon drastique les stocks de ces deux poissons. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres de la complexité des interactions régissant ces systèmes côtiers qu’il s’avère dangereux de modifier de façon potentiellement irréversible…

    2 Stevens, J. D. et al. 2000. The effects of fishing on sharks, rays, and chimaeras (chondrichthyans), and the implications for marine ecosystems. ICES. Journal of Marine Science, 57(3), pp.476-494.

    La province Sud étudie actuellement une réglementation pour la protection des requins qui entrerait en vigueur à la fin de l’année.  Pourquoi ne pas s’harmoniser avec celle de la Province Nord où la pêche, la capture, la commercialisation et la vente d’ailerons est interdite ainsi que la vente et l’achat de mâchoires (Délibération 243/2006/APN Article 56).

    Manu HERNU dit : « Aujourd’hui nous savons que touristiquement et donc économiquement 1 requin vivant vaut mille fois le prix d’un requin mort ! Et c’est justement parce qu’en Nouvelle-Calédonie il reste des requins, qui font par ailleurs partie du patrimoine naturel et culturel du pays, qu’il faut anticiper leur disparition ».

    Eric CLUA : « Les polynésiens ont très courageusement voté une législation qui est l’application stricte du principe de précaution (d’abord on protège les requins et ensuite on prouve scientifiquement que l’on peut les pêcher, ce qui est à terme improbable) ».

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